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Arve

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L'Arve
Illustration
L'Arve à Annemasse, en Haute-Savoie.
Carte
Cours de l'Arve (carte interactive).
Caractéristiques
Longueur 107,8 km [1]
Bassin 2 083 km2 [1]
Bassin collecteur Rhône
Débit moyen 73,90 m3/s (Arthaz-Pont-Notre-Dame) [2]
Organisme gestionnaire Syndicat Mixte d'Aménagement de L'Arve et de ses Affluents[3]
Régime nival
Cours
Source Tête de Balme
· Localisation Argentière
· Altitude 2 200 m
· Coordonnées 46° 01′ 38″ N, 6° 58′ 07″ E
Confluence le Rhône
· Localisation La Jonction, Genève
· Altitude 371 m
· Coordonnées 46° 12′ 05″ N, 6° 07′ 18″ E
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Drapeau de la Suisse Suisse
Département Haute-Savoie
Canton Genève
Principales localités Chamonix-Mont-Blanc, Cluses, Annemasse, Genève

Sources : SANDRE:« V0--0200 », Géoportail, Banque Hydro

L'Arve est une rivière transfrontalière des Alpes qui prend sa source en France dans le massif du Mont-Blanc, à 2191 m d'altitude.

Affluent de rive gauche du Rhône, elle le rejoint à Genève, à la Jonction, en aval de l’usine hydro-électrique du Seujet, à quelques kilomètres en aval du lac Léman. La rivière s'étend sur 108 km entre sa source et son exutoire. Son lit se situe essentiellement en France, la partie helvétique de l'Arve ne représentant que 9 km de long[4].

Sa lame d'eau de 1 419 mm en fait une des rivières les plus abondantes de France. Elle est endiguée sur la plus grande partie de son cours.

Étymologie

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Les formes anciennes de l'hydronyme sont Arua, Arwa, et Arva à la fin du XIe siècle, puis on trouve Alva (1269), inter aquam Alve (1315), ainsi que la forme récurente d'Arar aux cours desXIIIe et XIVe siècles[5].

Selon Ernest Nègre, il dériverait d'une racine préceltique *alb-[5]. Les auteurs du Dictionnaire des communes de Haute-Savoie donnaient une dérivation de 'Arna, désignant en celtique l'eau courante[6].

Géographie

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Née sur l'adret de la tête de Balme, juste à côté du col de Balme, sur les hauteurs du village du Tour, dans la vallée de Chamonix, l'Arve est gonflée par de nombreux torrents de montagne tels que l'Arveyron, torrent exutoire de la Mer de Glace, le torrent de la Creuse torrent exutoire du glacier des Bossons, le Bon Nant qui draine les eaux du val Montjoie ou encore le Giffre, le Borne, la Menoge, la Sallanche ou la Diosaz aux caractères torrentiels puissants.

L'altitude moyenne du bassin versant est de 1 371 mètres[7]. La longueur du cours d'eau, en France, est de 107,8 km[1]. Dans le canton de Genève (Suisse) sa longueur est de km[8].

Son cours supérieur, entre sa source et Passy, débute par une forte déclivité de sa descente du col de Balme jusqu'à Argentière et son entrée dans le fond plat de la vallée de Chamonix. Elle en ressort par des gorges après Les Houches pour déboucher dans la vallée de l'Arve, une large vallée glaciaire à fond plat qui commence à Passy, marquant le début de son cours inférieur. La rivière perd alors son caractère de torrent pour adopter le comportement d'une rivière de montagne, parfois tumultueuse, qui divague dans son large lit, néanmoins temporairement resserré lors du passage de sa cluse en amont de Cluses et du contournement de l'extrémité septentrionale du Salève.

Tumultueuse, l'Arve se prête volontiers à la pratique du rafting ou du canoë ainsi que de la nage en eau vive.

Communes traversées

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Le cours de l'Arve se déroule presque entièrement en Haute-Savoie, à l'exception des derniers kilomètres situés dans le canton de Genève en Suisse. L'Arve arrose les communes de Chamonix-Mont-Blanc, Les Houches, Servoz, Passy, Sallanches, Magland, Cluses, Scionzier, Thyez, Marnaz, Vougy, Marignier, Ayse, Bonneville, Saint-Pierre-en-Faucigny, Arenthon, Faucigny, Scientrier, Reignier-Ésery, Contamine-sur-Arve, Nangy, Arthaz-Pont-Notre-Dame, Monnetier-Mornex, Vétraz-Monthoux, Étrembières, Annemasse, Gaillard et enfin Thônex, Veyrier, Chêne-Bougeries, Carouge et Genève dans le canton de Genève où elle se jette dans le Rhône à 1 kilomètre de l'endroit où ce dernier sort du Léman.

Bassin versant

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L'Arve traverse les quinze hydrographiques V000, V001, V002, V003, V004, V005, V006, V015, V020, V021, V022, V023, V024, V036, V040, pour une superficie totale de 2 083 km2[1]. Ce bassin versant est constitué à 69,65 % de « forêts et milieux semi-naturels », à 20,71 % de « territoires agricoles », à 9,39 % de « territoires artificialisés », à 0,14 % de « zones humides », à 0,09 % de « surfaces en eau »[1].

L'Arve reçoit près de 440 torrents et rivières[9]. L'affluent principal est le Giffre (46 km de long, rd), une rivière extrêmement abondante avec une lame d'eau de 1 810 mm et un débit moyen supérieur à 20 m3/s. Les autres grands affluents sont les suivants (rd pour rive droite et rg pour rive gauche) :

Autres affluents, depuis la confluence jusqu'à la source :

Rang de Strahler

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Lors de la dernière glaciation, celle du Würmien, l'ensemble de la vallée était recouverte par le glacier de l'Arve. Il s'est retiré rapidement il y a un peu moins de 20 000 ans, laissant la place à une succession de lacs séparés par des verrous. Toutefois, comme le jeune Arve était une rivière transportant une grande quantité de sédiments, ils furent rapidement comblés pour laisser la place à une vallée en U à fond plat.

La vallée de L'Arve d'après Turner (1803).

Initialement, L'Arve était un cours d'eau en tresses sur la plus grande partie de son parcours, très large (500 m à Cluses), et utilisant une grande partie du fond de la vallée. Cela vient du fait qu'il arrache une grande quantité de matériaux en montagne et qu'il les dépose ensuite en fond de vallée lorsque la pente n'est plus suffisamment forte pour qu'il puisse les transporter. En conséquence, son lit était très instable et il avait tendance à se déplacer. En outre, certains chenaux se retrouvaient bloqués par les sédiments, formant des bras morts et des marais, source de paludisme[10].

Les inondations étaient généralement provoquées par de grandes averses s'étalant sur deux ou trois jours et qui sont à l'origine d'une crue rapide et courte : elles se propagent à une vitesse de 1,87 m/s (7 heures pour 50 km) et s'arrêtent rapidement car la pluie est souvent accompagnée d'un refroidissement et elle finit par tomber sous forme de neige sur les sommets[10].

Une deuxième cause d'inondation était le phénomène d'embâcles et de débâcles, particulièrement important en zone de montagne où des éboulements peuvent couper le lit de la rivière et former un lac temporaire qui cède ensuite brutalement en déversant une grande quantité d'eau et de boue. Cela s'est produit notamment lors de l'éboulement de l'arête des Fiz en 1471 ou lors de la catastrophe du à Saint-Gervais[10].

Les hommes ont cherché très tôt à construire des digues pour se protéger des inondations, puis pour pouvoir exploiter ces terrains plats. Les plus anciens travaux connus sont ceux effectués par des moines dominicains près de Genève en 1263 puis par le duc de Savoie près de Sallanches en 1519. De nombreux projets se succèdent ensuite, surtout au XVIIIe et au XIXe siècle[10]. L'érection d'une colonne à Bonneville en 1826 pour remercier le roi Charles-Félix symbolise l'importance de ces travaux[11]. En 1860, il y a 40 km de digues ; en 1908, 58 km. Les dernières inondations se produisent en 1910, 1914 et 1930, notamment à Bonneville. Depuis lors, L'Arve s'écoule dans un lit étroit et ne divague plus[10].

L'Arve au barrage des Houches.

Lors des premiers travaux d'endiguement et jusqu'au début du XXe siècle, le principal problème était l'engorgement du lit de la rivière car les sédiments se déposaient et nécessitaient régulièrement une surélévation des digues jusqu'à ce qu'il dépasse le niveau des terres environnantes et les transforme en marécages. Toutefois, cet effet s'est inversé depuis 1950 et on observe plutôt une incision où la rivière s'enfonce plus profondément dans son lit. Cela pose alors problème au niveau du déchaussement des piles des ponts et des digues. Ce retournement de situation est à mettre en rapport avec la baisse de la charge sédimentaire. Celle-ci est due d'une part aux aménagements hydroélectriques qui détournent les apports de la haute montagne vers le barrage d'Émosson et donc la vallée du Rhône ou vers celui de la Girotte et la vallée de l'Isère et d'autre part à ceux installés sur le cours de la rivière et qui empêchent les matériaux de poursuivre leur descente vers la vallée comme c'est le cas au barrage des Houches. À cela vient s'ajouter l'extraction de matériaux pour la construction et les routes qui dépasse les 15 millions de m³. Au total, l'enfoncement du lit de la rivière peut atteindre 12 mètres comme au Fayet[10].

Actuellement, le lit majeur est fortement urbanisé et industrialisé et il n'est donc pas possible de le renaturaliser. Les objectifs d'aménagement se limitent donc essentiellement à la protection des berges et à l'amélioration de la qualité des eaux[10].

Le fonctionnement hydrologique de l'Arve varie selon l'altitude :

  • Dans la partie amont, le régime est principalement glaciaire : les débits dépendent de la fonte des neiges et des glaciers. Les étiages se produisent essentiellement pendant la période hivernale (débit minimal en février). L'augmentation brutale du débit de l'Arve se situe au mois de mai en raison de la fonte des neiges et des pluies du printemps, pour atteindre son maximum au mois de juillet, période de fonte des glaciers.
  • Plus en aval, l'influence glaciaire diminue, et le régime de l'Arve est nivo-pluvial. Les périodes d'étiage tendent à se produire en été[12] Ce régime est marqué par de fortes variations saisonnières, résultat de l'influence des différents apports en eau au sein du bassin versant[13].

Le réseau hydrographique de l'Arve est fortement conditionné par la géologie et le relief du territoire[12].

Stockage des eaux par les glaciers

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L'Arve est alimenté par les eaux provenant des massifs du Mont-Blanc et des Aiguilles Rouges ainsi que par les eaux du massif du Ruan par l'intermédiaire du Giffre.

Dans le massif du Mont-Blanc, l'alimentation glaciaire de l'Arve provient essentiellement de la Mer de Glace, du glacier d'Argentière, des glaciers des Bossons et de Tré-la-Tête[13].

Les massifs des Aiguilles Rouges et du Ruan assurent principalement une alimentation nivale et pluviale de l'Arve. Les glaciers de ces deux massifs se situent à des altitudes moyennes moins élevées que celles des glaciers du Mont-Blanc et s'étendent sur une superficie plus réduite[13].

Comme dans l'ensemble des massifs, ces glaciers sont exposés à l'élévation des températures en raison du changement climatique[13]

Stockage des eaux par les réserves souterraines, par les lacs et les zones humides

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Réserves d'eau souterraine

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Les réservoirs d'eau souterraine de l'Arve sont extrêmement variés du point de vue de leur taille et de leur fonctionnement :

  • les réseaux karstiques qui constituent des réserves d'eau souterraine très importante et qui se localisent dans les massifs calcaires (Montagnes du Haut Giffre),
  • les petites nappes des ressources de versant, les nappes profondes et semi profondes creusées par le retrait des glaciers comme la nappe du Genevois[8]. D'une longueur de 19 km et d'une largeur comprise entre 1,5 à 5 km, la nappe souterraine du Genevois constitue une réserve d'eau potable de 16,8 millions de m3, alimentée par les infiltrations des eaux de surface et de l'Arve. Transfrontalière, cette nappe est exploitée par 5 puits en Haute-Savoie et 10 puits sur le canton de Genève[14].Les prélèvements d'eau représentent environ 13 à 15 millions de m3 par an[15]
  • ainsi que des nappes d'accompagnement des rivières[13].

Lacs naturels et plans d'eau

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Le bassin versant de l'Arve comprend de nombreux lacs naturels et plans d'eau artificiels : le lac d'Anterne constitue un réservoir naturel d'eau important, le lac de Flaine, le plan d'eau des îles de Passy, les lacs des Ilettes à Sallanches. Certains plans d'eau sont issus de l'exploitation d'anciennes gravières. Les lacs naturels peuvent être utilisés pour la production de neige de culture ou l'irrigation agricole[13].

Zones humides

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Les zones humides (étangs, mares, zones alluviales...) constituent une autre forme de stockage de l'eau dans le bassin versant de l'Arve. Le volume d'eau stockée est relativement restreint, mais joue un rôle important pour soutenir le débit d'eau de l'Arve pendant les périodes d'étiage, pour réguler les crues et alimenter les nappes souterraines[13].

Débit de l'Arve

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À Arthaz-Pont-Notre-Dame, en territoire français, peu avant la frontière suisse le débit de l'Arve a été observé durant une période de 47 ans (1961-2007)[16],[2].

L'Arve gelé en hiver 2012 à Genève
L'Arve gelé en hiver 2012 à Genève.

À Genève (lieu-dit « Bout-du-Monde »), le débit moyen annuel de la rivière y est de 78,20 m3/s, pour une surface de bassin versant de 1 976 kilomètres carrés[17]. En 2016, la température moyenne de l'eau a été de 4° en décembre et de 12° en juillet, août et septembre[18]. Elle peut geler lors d'hivers particulièrement rigoureux[13].

Le débit moyen annuel de la rivière y est de 73,90 m3/s, pour une surface de bassin versant de 1 660 kilomètres carrés, soit 80,6 % de la surface totale de son bassin qui fait 2 060 km2.

La rivière présente des fluctuations saisonnières de débit caractéristiques, liées à son régime surtout nival. Les hautes eaux de printemps-été portent le débit mensuel à des valeurs allant de 93 à 128 m3/s, de mai à août inclus (avec un sommet en juin). Elles sont dues essentiellement à la fonte des neiges, bien que des pluies se produisent également. Dès le mois d'août, le débit baisse progressivement tout au long de l'automne, et atteint son minimum en hiver, période de basses eaux, avec un débit mensuel moyen de 40,3 m3/s au mois de janvier et de 43,5 m3/s au mois de février.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : V0222010 L'Arve à Arthaz-Pont-Notre-Dame pour un bassin versant de 1664 km2[2]
(le 08-04-2013 sur 49 ans de 1961-2009)
Source : Banque Hydro - Ministère de l'écologie et du développement durable

Étiage ou basses eaux

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Sur la majeure partie de son cours, l'Arve conserve un débit relativement élevé même pendant les périodes d'étiage. En revanche, dans la plaine genevoise, les débits peuvent devenir beaucoup plus faibles et les étiages sont plus marqués.

À Arthaz, le VCN3 peut chuter jusque 10,0 m3/s, en cas de période quinquennale sèche, ce qui reste suffisant, et peut être considéré comme normal dans la région des Alpes du Nord.

À Genève, les débits les plus faibles (MN7Q = sur 7 jours) ont été observés le avec 11,2 m3/s et le avec 11,6 m3/s. Les autres minima ont également été observés en hiver[19].

Les crues sont quant à elles assez importantes quand elles se produisent. Les QIX (quantité instantanée maximale) 2 et QIX 5 valent respectivement 430 et 540 m3/s. Le QIX 10 est de 620 m3/s, le QIX 20 de 690 m3/s et le QIX 50 de 780 m3/s.

Toujours à Arthaz-Pont-Notre-Dame, le débit instantané maximal enregistré a été de 641 m3/s le , tandis que la valeur journalière maximale était de 535 m3/s le . En comparant le premier de ces chiffres à l'échelle des QIX exposée plus haut, il ressort que cette crue n'était pas d'ordre vicennal, mais à peine un peu plus que décennal.

À Genève le samedi , un débit record de 905 m3 par seconde a été mesuré au plus fort de la crue. Le lendemain, un débit moyen de 550 à 600 m3 par seconde y était encore constaté en fin de matinée. L'eau est montée à 383,26 mètres d'altitude[20],[21]. Les autres grandes crues observées depuis 1904 sont les suivantes : 873 m3/s le 6 aout 1914, 865 m3/s le , 861 m3/s le et 840 m3/s le alors que la crue annuelle moyenne est de 492 m3/s[7].

Crue de novembre 2023.

En novembre 2023, l'Arve a connu un épisode de crue centennale. Celle-ci est le résultat de la conjonction de plusieurs facteurs : des chutes de neige importantes en altitude, puis des pluies abondantes qui ont contribué à faire fondre le manteau neigeux et à augmenter considérablement le volume d'eau dans le rivière[9]. Le mercredi , de nouveaux records sont battus à Genève : le débit de l’Arve atteint 1 010 m3 par seconde (17 fois plus qu'en moyenne à cette période de l'année). L'eau est montée à 383,5 mètres d'altitude à la station de mesure (soit 4 mètres de plus qu’en moyenne). Sur huit ponts traversant la rivière à Genève, cinq ont été fermés à la circulation le mercredi matin : les ponts Val d'Arve, Fontenette, Acacias, Carouge, Vessy. Au plus fort de la crue, seuls le pont Hans-Wilsdorf, celui de Saint-Georges ou de Sierne sont ouverts. Piétons et cyclistes sont évacués à leur tour des proximités de la rivière. Parmi les dégâts, la patinoire des Vernets et la piscine des Vernets ont été inondées. C’est la deuxième fois que les autorités déclarent un danger de « niveau 5 » (le plus haut de l’échelle, la première fois était le )[21],[22].

Lorsque la crue est particulièrement forte, l'eau de L'Arve remonte le cours du Rhône vers le Léman et les moulins de Genève tournent à l'envers. Cela a été le cas en 1527, 1570, 1651, 1673, 1711 et 1888[10].

Les 10 plus fortes crues de l'Arve depuis 1974[23]
DateDébit en m3/sNiveauDanger
15 novembre 20231010383,5danger 5
2 mai 2015923383,26danger 5
1 mai 2015803382,93danger 4
4 mais 2015801382,96danger 4
14 novembre 2023724382,72danger 3
11 octobre 1981681382,54danger 3
673382,54danger 3
10 octobre 1988673382,48danger 3
15 octobre 1981664382,47danger 3
29 juin 1974664383,0danger 3

Lame d'eau et débit spécifique

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L'Arve est une rivière très abondante, puissamment alimentée par les précipitations importantes qui arrosent les hauts sommets alpins et notamment le massif du Mont-Blanc. La lame d'eau écoulée dans cette partie du bassin versant de la rivière est de 1 419 millimètres annuellement, ce qui est très élevé en France, et n'est inférieur qu'à la lame de quelques rivières moins importantes de la région. Le débit spécifique (Qsp) atteint 44,9 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Confluence de l'Arve et du Rhône

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L'Arve et le Rhône se rejoignent à la pointe de la Jonction en Suisse. En se jetant dans le Rhône, l'Arve apporte des alluvions c'est ce qui explique le contraste de couleurs entre les eaux des deux rivières. Ce contraste est particulièrement visible depuis le viaduc de la Jonction où l'on peut distinguer :

  • les eaux couleurs grises de l'Arve chargées en alluvions
  • des eaux couleurs turquoises du Rhône provenant du Lac Léman.

A la Jonction, les eaux des deux rivières ne se mélangent pas immédiatement en raison de la différence de densité des eaux combinée à des courants distincts[24].

Cette confluence est donc naturelle, mais elle a été renforcée par l'homme. En effet, une digue séparative immergée a été érigée à la Jonction pour éviter que les matériaux charriés par l'Arve se déversent dans le Rhône[25].

Organisme de protection et de valorisation de l'Arve

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Le Syndicat mixte d'aménagement de l'Arve et de ses affluents (SM3A) est une structure publique française basée à Saint-Pierre-en-Faucigny. Le SM3A assure pour le compte de 93 communes regroupées en 13 intercommunalités la gestion des cours d’eau du bassin versant de l'Arve.

Historiquement, la création du SM3A est le résultat de la mobilisation des communes riveraines pour faire face au mauvais état de l'Arve dans l'idée que la gestion des thématiques relatives à cette rivière ne peut être traitée efficacement qu'à l'échelle collective. L'objectif de départ est de mener des actions concrètes et locales. Si les actions du SM3A ont d'abord porté sur l'Arve et ses principaux affluents, elles se sont par la suite étendues à l'ensemble du bassin versant de l'Arve[26].

Pont de Crève Coeur (affluent de l'Arve) à Sallanches
Gestion par le SM3A du Crève Cœur (affluent de l'Arve à Sallanches)

Le SM3A dispose de trois blocs de compétences :

  • la prévention des inondations du bassin versant de l'Arve. Le SM3A définit la SLGRI (Stratégie Locale de Gestion du Risque Inondation) avec le soutien de l'état. Ce document stratégique fixe les dispositions à mettre en oeuvre pour réduire les conséquences dommageables des inondations dans le bassin versant de l'Arve [27]. .
  • la gestion des milieux aquatiques dans le but de préserver la richesse de la faune et de la flore du bassin versant de l'Arve par de nombreuses actions comme la création de passes à poissons, la renaturation des berges, la création de zones humides. Par exemple, le SM3A a mené des. travaux sur le Borne, en 2022, pour favoriser la reproduction et l'habitabilité de la truite Fario, du chabot et de l'ombre commun [27].
  • l'entretien des cours d'eau pour prévenir les inondations et garantir la protection de la biodiversité [27].

Le SM3A définit la politique de l'eau et porte de grands plans stratégiques comme le SAGE de l'Arve (Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux)[28]. Le SAGE est un document qui définit les priorités, les objectifs ainsi que les actions, permettant d’aboutir à un partage équilibré de l’eau de l'Arve entre usages et milieux naturels[29].

Qualité des eaux superficielles de l'Arve

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L'Arve se situe à la fois dans un bassin versant préservé et dans un territoire soumis à une forte pression anthropique. Pendant longtemps, l'Arve a servi de déversoir pour les eaux usées et les déchets. Par exemple, jusqu'à la seconde guerre mondiale, les carcasses provenant des abattoirs situés au lieu dit la Barque étaient jetées dans la rivière. En 1919, l'usine de Chedde déversa volontairement 5000 tonnes de cheddite, substance contenant du perchlorate, connu comme perturbateur endocrinien[9].

Le réseau de surveillance

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Le réseau de surveillance de la qualité de l'eau de l'Arve est globalement plus dense dans la partie aval de la rivière. Des stations de mesure existent sur les parties française et suisse du bassin versant de l'Arve[12].

En France, l’analyse de la qualité des eaux superficielles est cadrée par la Directive Cadre sur l’Eau de 2000 (DCE). De manière générale, le renforcement du suivi de la qualité de l'eau de l'Arve est à la fois la conséquence de l'évolution de la réglementation (loi sur l'eau de 1992 et de la directive cadre sur l'eau de 2000) et de l'évolution des techniques d'analyse [12]. La surveillance de la qualité de l'eau porte essentiellement sur l'eau de l'Arve même s'il existe un suivi pérenne de la qualité de l'eau sur six de ses affluents (l’Aire, le Borne, le Foron, le Grand Foron, le Giffre et la Menoge)[4].

En Suisse, les méthodes de suivi de la qualité de l'eau sont définies par différentes directives fédérales, notamment le « Système modulaire gradué » de l’Office fédéral de l’environnement[12].

Evolution de la la qualité des eaux superficielles de l'Arve

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La qualité de l'eau de l'Arve est plutôt bonne sauf à l'aval des centres urbains et des stations d'épuration[30].

La pollution par les matières organiques et oxydables a été jusqu'au début des années 2000 très élevée dans certains secteurs de l'Arve. Depuis, cette pollution a été en partie résorbée grâce aux efforts d'assainissement des communes de la vallée[12].

La qualité biologique de l'eau s'est également améliorée, mais dépend du fonctionnement des stations d'épuration et de la présence des barrages hydro-électriques[12].

Les analyses des sédiments montrent que certains métaux sont naturellement présents dans le massif du Mont-Blanc comme l'arsenic et le fluor, leurs concentrations sont donc naturellement plus élevées en amont qu'en aval de la rivière. Globalement, les mesures montrent que la situation des ETM (éléments traces métalliques) et des hydrocarbures aromatiques polycycliques a évolué favorablement alors qu'elle était préoccupante à la fin des années 90. En effet, à la fin du XXème siècle, la présence de chrome et de nickel dans l'eau de l'Arve s'expliquait alors par la présence d'entreprises ayant des activités de traitement de surface et de tribonification en lien avec la présence d'entreprises du décolletage[4]. En 2008, deux principaux points de dégradation de la qualité métallique de l'eau ont été identifiés : d'importants apports en zinc, nickel et cuivre des anciennes décharges de Bonneville ont perturbé l'alimentation en eau potable du bassin de Genève, et des apports non négligeables de cuivre, de chrome et de nickel au niveau de Cluses et entre Bonneville et Arthaz-Pont-Notre-Dame[12].

Globalement, l'amélioration de la situation constatée ces vingt dernières années s'explique par la fermeture d'entreprises, l'augmentation du réseau d'assainissement, et également par l'amélioration des moteurs et des échappements des véhicules ainsi que des carburants[4].

Pollution atmosphérique

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La pollution atmosphérique de la vallée est importante en hiver[31] pour partie liée au chauffage au bois[32].

Depuis quelques années, le renforcement des mesures officielles[33] et les initiatives de différentes associations[34],[35]montrent que le problème est bien plus large et préoccupant.

Notes et références

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Références

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  1. 1 2 3 4 5 Sandre, « Fiche cours d'eau - L'Arve (V0--0200) » (consulté le )
  2. 1 2 3 Banque Hydro - Ministère de l'Écologie, « Synthèse de la Banque Hydro - L'Arve à Arthaz-Pont-Notre-Dame (V0222010) » (consulté le )
  3. « Syndicat Mixte d'Aménagement de l'Arve et de ses Abords », sur www.riviere-arve.org/ (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 Olivier Trigo, « Histoire du suivi de l’Arve et de son bassin versant : Etude du réseau de surveillance et évolution des contaminants dans les sédiments », HAL, (lire en ligne)
  5. 1 2 Henry Suter, « Arvan », sur le site d'Henry Suter, « Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs » - henrysuter.ch, 2000-2009 (mis à jour le 18 décembre 2009) (consulté en ).
  6. Michel Germain, Jean-Louis Hebrard et Gilbert Jond, Dictionnaire des communes de Haute-Savoie, Éditions Horvath, , 450 p. (ISBN 978-2-7171-0933-7), p. 152.
  7. 1 2 Probabilité des crues (crues annuelles) l'Arve - Genève, Bout du Monde (EDV : 2170), Office fédéral de l'environnement.
  8. 1 2 Michel Meylan et Robert Dechamboux (préf. Robert Cramer), L'Arve, t. fiche-rivière no 7, Genève, Département de l'intérieur, de l'agriculture, de l'environnement et de l'énergie, , 43 p., p. 5
  9. 1 2 3 MLHOTE, « L'Arve • Contamine-sur-Arve », sur Contamine-sur-Arve, (consulté le )
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