Henry Wadsworth Longfellow, Recherche du bonheur dans Évangéline , (trad. Poullin) 1911
À ce moment, à travers ces îles sans nombre, se
montra une autre embarcation frêle et rapide qui,
pressée par les bras robustes des chasseurs et des
trappeurs qui la montaient, se rapprochait de plus
en plus. L’avant était tourné vers le nord, vers le
pays du castor et du bison ; un jeune homme, à la
physionomie pensive et paraissant en proie aux
soucis, était assis à la barre ; des cheveux noirs et
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Évangéline était endormie…
négligés ombrageaient sa figure qui portait l’empreinte d’un
profond chagrin. Ce jeune homme n’était autre que Gabriel
qui, las d’attendre, malheureux et inquiet, allait chercher,
dans les déserts de l’Ouest, l’oubli de soi-même et de sa
peine. Les rameurs avançaient avec vitesse, mais sur la
rive opposée ; de sorte que les bateliers du canot amarré sous
les saules ne purent apercevoir cette embarcation, ni entendre
le bruit de ses rames. Bientôt les chasseurs disparurent, et
ce fut quelques instants après seulement, alors que le bruit
des rames s’était perdu dans l’éloignement, que les dormeurs
s’éveillèrent.


