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Utilisateur:Stephane Plassier/Brouillon2

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Stéphane Plassier, né en 1960[Quand ?], est un couturier, designer, scénographe et directeur artistique français. À la croisée du design et des arts appliqués, il porte une attention particulière à la création textile, aux manufactures et aux collaborations avec les artistes. Son travail fait également une large place à la fête, érigée en art dans la pensée de Friedrich Nietzsche : « Qu’importe tout notre art dans les œuvres d’art, si l’art supérieur, qui est l’art des fêtes, se met à disparaître parmi nous ! » Cette dimension est abordée par Corinne Brivot dans son portrait « Stéphane Plassier. La création comme une fête », publié dans Le Monde 2 en 2007.[1]


Formation et débuts

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Lors de ses études d’arts plastiques et d’histoire de l’art à l’Université de Haute-Bretagne à Rennes, Stéphane Plassier s’intéresse à la figure du couturier-artiste au début du XXe siècle. Le manifeste du Bauhaus et sa conception décloisonnée des disciplines artistiques nourrissent son approche transversale de la mode, du design, de l’architecture et des arts plastiques.[2]

À Rennes, Stéphane Plassier étudiant, est au centre de la scène artistique et musicale émergente, à laquelle appartiennent les Marquis de Sade, Étienne Daho, Niagara, Jean-Charles Blais, Richard Dumas et beaucoup d’autres : génération spontanée de jeunes gens modernes qui partiront à l’assaut de Paris.[3]

Tous figurent sur la photographie de son « faux mariage », performance réalisée à l’église Saint-Sauveur, au cours de laquelle il met en scène une version très pop du sacrement. Une autre performance marque les esprits : « L’Infernal chromatique », installation de fûts transparents emplis d’alcools colorés, disposés en cercle autour de « l’Enfer », théâtre de verdure du grand parc de la ville. Les convives doivent goûter chaque couleur…

Il s’installe à Paris en 1983.


Mode, vêtements et création textile

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Ses débuts, à partir de 1984, associent mode et performance plastique dans un registre surréaliste : robes fleurs ou plâtre, robe-volière abritant des canaris ou robe-plateau de fruits de mer en hommage à Gala et Dalí. Lucie Pardo, directrice de création de l’agence CLM/BBDO, lui confie la création des images Eram ; il conçoit une robe-rideau drapée avec plafonnier, une robe-crèche, un costume-sapin de Noël, un costume de sable, une robe-bustier en cornet de glace et une vareuse faite de galets.[4]

En 1985, il réalise les costumes du clip Tombé pour la France d’Étienne Daho. Le Palais Galliera, musée de la mode de la ville de Paris, conserve le costume Stéphane Plassier porté par Daho pendant le Satori Tour.[5][6]

En juillet 1985, des modèles de la première collection de Stéphane Plassier figurent au programme de La Mode en direct, au Centre Georges-Pompidou. Le catalogue de la manifestation lui consacre une notice biographique, aux côtés d’Azzedine Alaïa, Jean-Charles de Castelbajac et Jean-Paul Gaultier.[7]

En 1986, dans le cadre des Trans Musicales de Rennes, Stéphane Plassier installe sur la façade de la salle de concert du Champ-de-Mars, point de chute de la tournée Pop Satori d’Étienne Daho, de grands portraits d’Étienne Daho et d’Elli Medeiros encadrés d’un alignement de drapeaux parodiant l’iconographie soviétique : le marteau et la faucille y sont remplacés par un bâton de rouge à lèvres et une brosse à mascara.[8]

En 1986, l’artiste Sheila Hicks, qui compte parmi ses premiers mentors, le présente au couturier Jacques Tiffeau, émule de Christian Dior. Auprès de Tiffeau, il fait l’apprentissage du métier de couturier. Les commandes affluent et la maison s’organise autour de deux axes : d’un côté, des pièces extraordinaires et sur mesure, relevant de la couture et de la performance ; de l’autre, des collections plus structurées accordant une place centrale à la création textile, qui devient progressivement l’une des marques de fabrique du couturier.[9]

Les ateliers sur mesure réalisent rapidement des tenues pour la scène et la ville, portées par des artistes et musiciens parmi lesquels les Sparks, Indochine, Simple Minds, les Négresses vertes, Jacno, Liane Foly, Jil Caplan, Dani, Pauline et Bernadette Lafont. Caroline Loeb consacre une double page à Stéphane Plassier dans son livre Mes années 80 de A à Z.

Les collections sont rapidement distribuées à l’international, notamment aux États-Unis, à Londres, à Hong Kong et en Espagne. La légende veut que la reine Sophie d’Espagne, chez El Corte Inglés à Madrid, et le chanteur Prince, chez IF à Soho, aient acheté la même semaine une même veste en soie marbrée.

À Paris, sous la verrière de la cour vitrée de l’École des beaux-arts, Stéphane Plassier bâtit une palmeraie en carton et papier, à l’aplomb des Nuages de Sheila Hicks. Il y présente trois collections consécutives.

La première, en septembre 1986, dans la salle Melpomène, montre ses premières robes sans couture. Le final est une longue robe bustier en chocolat blanc, imitant à s’y méprendre la dentelle de Chantilly, rehaussée de roses en pâte d’amande. Stéphane Plassier offre un dîner de gala surréaliste, le soir même, sous la verrière de la Cour vitrée des Beaux-Arts, servi à dos de cheval par des voltigeurs équestres, suivi d’un bal déluré.

Celle de mars 1987, Promenade dans un jardin français, se déroule au Palais des Études de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Le Monde en relève la séquence « Monceau », annoncée par les musiciens de l’Armée du Salut.[10]

La robe de mariée en plâtre blanc, issue de cette collection (1987), est présentée dans l’exposition Showtime, le défilé de mode, organisée au Palais Galliera en 2006. Dans le catalogue de l’exposition, Anne Zazzo aborde l’évolution des mises en scène du défilé et évoque à ce titre « des vêtements qui imposent des mouvements artificiels comme une robe en plâtre de Stéphane Plassier (1987), une autre à manche en forme de tête à cheval de Jean-Charles de Castelbajac (1984/85), une mini-robe « enchaînée pour personne déchaînée » de Chanel (1986/87) ».[11]

En 1988, Stéphane Plassier présente la collection Père la Chaise. Les invitations prennent la forme de faire-part de deuil. Le podium, recouvert de graviers blancs et bordé de cyprès, accueille des mannequins endeuillés qui défilent au son du glas, portant des encensoirs en guise de sacs à main. Pauline Lafont est revêtue d’une robe blanche rebrodée de lucioles Photographie de Pauline Lafont (Getty Images)

En 1991 est créée, en association avec Armor Lux, la ligne Stéphane Plassier Dessus-Dessous, inspirée de la bonneterie masculine traditionnelle. Les cris de ralliement « Pour tous ceux qui s’aiment » et « Les dessous prennent le dessus » président à cette ligne unigenre, destinée aux hommes comme aux femmes, qui détourne les codes du sous-vêtement pour en faire un vêtement à part entière. Certaines pièces sont présentées en 1996 dans l’exposition L’Homme-Objet : la mode masculine de 1945 à nos jours, organisée par Olivier Saillard au musée de la Mode de Marseille. Stéphane Plassier crée par la suite une seconde collection, intitulée Dessus-Dessous, exclusivement destinée à Monoprix.[12][13]

Parallèlement, Stéphane Plassier poursuit ses collections et développe Petite Couture.

En 1991, Stéphane Plassier figure dans l’ouvrage photographique Portraits à travers le miroir d’Antoine Giacomoni (Éditions de la Sirène), qui réunit notamment des portraits d’Isabelle Adjani, Serge Gainsbourg, Étienne Daho, Daniel Darc et Paul Simonon, des Clash.[14]

En 1992, Stéphane Plassier présente sa collection Petite Couture lors d’un défilé dans la Cour carrée du Louvre, à l’invitation de la Chambre syndicale de la couture.


CHIFFON — L'étoffe, l'accessoire et le vêtement

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Le terme « chiffon » recouvre plusieurs significations : l’étoffe déclassée devenue objet domestique, les « chiffons » désignant dans le langage populaire un goût prononcé et frivole pour les vêtements, et le chiffon anglais, qui désigne la mousseline de soie. Cette diversité de sens accompagne les recherches de Stéphane Plassier sur l’histoire des pièces de tissu. Du sari à la mantille, du fichu à l’étole, de la pèlerine au poncho, celles-ci sont présentes dans toutes les civilisations, liées aux usages sociaux et aux rituels de protection, de parure et de séduction, associées à des prouesses de création textile, fussent-elles minimalistes.

Cette recherche sur la fonction et les usages de l’accessoire se prolonge lorsque Stéphane Plassier est responsable du module de design d’accessoires à la Haute école d’art et de design de Genève (HEAD). Dans sa contribution à Access to Accessory, publication de l’école en 2005, intitulée « Et nous les hommes ? », il examine la disparition progressive des éléments traditionnels de la parure masculine — pourpoints, dentelles, jabots, plumes et chapeaux — au profit d’un vestiaire sans falbalas. Paradoxalement, c’est le sous-vêtement masculin, jusque-là soustrait au regard public, qui devient un objet de création et d’ornementation.

De cette passion pour la pièce textile naît la collection Set in Square, composée de tissus noués, drapés, chiffonnés, roulottés, empesés, frangés ou laissés à bord franc. L’accessoire textile y est exploré « dans tous ses états ».

Par extension, le vêtement sans couture procède du même geste. Il fait l’objet d’un workshop que Stéphane Plassier propose à l’Institut français de la mode (IFM), au sein du Global Fashion Management MBA, sous la direction de Véronique Delignette Schilling. Les étudiants y explorent différentes façons de construire un vêtement à partir d’une surface textile, sans recourir à l’assemblage traditionnel, sans fil ni aiguille.

En 1999, Stéphane Plassier présente aux Galeries Lafayette Homme Culture Physiques, une série photographique conçue et coréalisée avec Jean-François Aloïsi. Elle met en scène une collection de vêtements féminins entièrement noirs, en laine et soie, aux coupes sophistiquées, issus de la bonneterie traditionnelle. Détournant les sous-vêtements chauds pour l’hiver, ces créations prolongent le principe de Dessus-Dessous : les dessous deviennent des vêtements du dessus. Ils sont portés par Agnès Soral, Helena Noguerra, Yolaine de La Bigne, Florence Thomassin, Zoé Félix, Annabelle Mouloudji, Isabelle Otero, Marianne Basler et le modèle Badara.[15]

En 2004, invité du Printemps de l’Homme, Stéphane Plassier invite Christian Lacroix à cocréer une collection de sous-vêtements masculins distribuée en exclusivité au Printemps.[16]

En avril 2004, Stéphane Plassier est élu membre de la Chambre syndicale de la mode masculine.[17]

En 2005, Stéphane Plassier développe deux lignes de maroquinerie : l’une inspirée de l’univers de Querelle et des balluchons de marins ; l’autre revisite les sacs de métier — cartables de notaire ou d’architecte, sacs de postier. La pochette « baise-en-ville », allusion au vocabulaire de la retape, ornée d’un œil lenticulaire qui fait de l’œil au passant, s’immisce dans cet univers masculin.[18]

Dans ce même vestiaire, Beautiful Jacket, collection de vestes-objets affranchies de leur appartenance au costume, trouve sa place.[19]

En 2008, pour son film La Folle Histoire d’amour de Simon Eskenazy, Jean-Jacques Zilbermann confie à Stéphane Plassier la direction artistique des derniers essais de casting. Il habille plusieurs comédiens en costumes masculins, féminins et travestis, parmi lesquels Tahar Rahim et Mehdi Dehbi. Ce travail participe à la recherche et à la construction du personnage de Mohamed, finalement rebaptisé Naïm. Dans un entretien publié dans le dossier de presse du film en 2009, Mehdi Dehbi, finalement retenu pour le rôle, évoque cette expérience de transformation et le trouble ressenti lorsqu’il se découvre en femme devant un miroir. Il désigne expressément Stéphane Plassier comme directeur artistique des essais et se souvient du silence de toute l’équipe devant le résultat de cette métamorphose.[20]

En 2009, Stéphane Plassier crée une collection de vêtements noirs, Set in Black, associée à Black Caravane, dispositif culturel itinérant où les collections prennent la forme de performances et d’expositions associant mode, design, arts plastiques et scénographie.[21][22]

À l’automne 2009, à l’Institut français de Madrid, Black Caravane associe les collections de vêtements au design, aux arts visuels et à la scénographie. Les créations sont portées par Rossy de Palma, Elli Medeiros, Claire Nebout, Claire Borotra, Gwenaëlle Simon et Dolores Doll dans une performance théâtrale dont David Fernández et Stéphane Plassier assurent la dramaturgie et la mise en scène. L’exposition interactive se prolonge environ sept semaines. Destinée directement au public plutôt qu’aux seuls professionnels de la mode, la manifestation de Madrid se prolonge, à la sortie de l’exposition, par une boutique proposant les vêtements de la collection à la vente.[23][24]

En 2009, dans le cadre de Set in Black, Stéphane Plassier coréalise trois courts métrages : La Petite Robe noire, avec Gwenaëlle Simon, sur un texte de Natacha Wolinski ; Détachez votre chevelure, avec Claire Nebout ; et I Have a Dream, avec Mehdi Dehbi.

À partir de 2015, Stéphane Plassier assure la direction artistique de la manufacture de dentelle Darquer.[25]

Il contribue à transformer et à conceptualiser son offre textile, en associant les archives historiques de la dentelle de Calais, riches d’un patrimoine de dessins remontant aux origines de cette industrie, aux recherches et développements technologiques contemporains. Cette démarche donne naissance à des dentelles de laine, des dentelles fluo, des dentelles imprimées de tartan et des dentelles réfléchissantes réalisées en collaboration avec 3M. Il mène par ailleurs, avec le CETI, des recherches sur l’utilisation de fils issus d’algues.

Pour communiquer sur ces créations textiles et inciter les couturiers à s’en emparer, il orchestre une campagne photographique réalisée par Jean-François Aloïsi, en référence à The Twelve Most Photographed Models, célèbre composition d’Irving Penn réunissant douze mannequins vêtus de haute couture. Le détournement repose sur un paradoxe : les modèles photographiés pour Darquer portent des étoffes posées et moulées directement sur le corps, dont l’apparence relève de la couture, mais dont la réalisation ne nécessite aucune couture.

Cette recherche donne lieu à une seconde interprétation de Twelve Beauties, réalisée avec Jean Sanchez, où les mannequins, hommes et femmes, deviennent des figures hybrides, mi-humaines, mi-animales. Elle se prolonge par un projet d’œuvre collective réunissant douze créations d’artistes contemporains autour de Twelve Beauties, dans le cadre de résidences au Château des Sœurs. Le projet est inauguré par Yoshikazu Goulven Le Maître lors d’une résidence soutenue par la DRAC Grand Est.

En 2016, Stéphane Plassier initie avec l’artiste américaine Rose-Lynn Fisher le projet Tears and Lace (« dentelle de larmes »), à partir d’une photomicrographie issue de sa série The Topography of Tears, présentée au Palais de Tokyo.

L’image d’une larme observée au microscope est transposée en dentelle sur des métiers Leavers et inaugure une collection de « dentelles d’artiste ».[26]

Le projet est présenté dans le cadre de Women’s Independence, sous le commissariat de Magda Danysz, au K11 Art Museum de Shanghai, puis à Paris lors d’Asia Now.[27]

En mars 2017, le diptyque Tears and Lace, issu de la collaboration entre Rose-Lynn Fisher et Stéphane Plassier, est proposé lors de la vente caritative organisée au Ritz Paris au bénéfice de la Naked Heart Foundation.

En 2018, la maison Schiaparelli réalise une robe de haute couture à partir de cette dentelle de larmes, présentée au musée de la Dentelle de Calais dans le cadre de l’exposition Haute Dentelle. En 2019, Darquer propose aux maisons de couture d’offrir à leurs clientes la possibilité de faire photographier leurs propres larmes, ou celles de leur nouveau-né, par Rose-Lynn Fisher. Ces empreintes intimes peuvent ensuite être transposées en dentelle par la manufacture, donnant naissance à des dentelles personnelles destinées aux grands événements de la vie : naissance, bal des débutantes, mariage et, enfin, deuil.[28]

En 2016, Stéphane Plassier assure la direction artistique de Central Encajera, manufacture espagnole de dentelle spécialisée dans les mantilles de mariée.

En 2019, Stéphane Plassier participe à l’expérience « Tricolor », consacrée à la valorisation des filières lainières françaises, initiée par Première Vision avec Made in Town et présentée au Carreau du Temple à Paris. Les créateurs invités travaillent à partir de draperies issues de laines françaises transformées en circuit court et conservant les trois nuances naturelles des différentes races ovines.[29][30]

En 2021, plusieurs créations de Stéphane Plassier sont présentées dans l’exposition Les Rubans de l’intime, consacrée à l’histoire de la lingerie et de la corseterie, au Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne.[31]


Design, mobilier et manufactures

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En 1994, Stéphane Plassier dessine pour Swatch la Pop Swatch spéciale Leaf (réf. PWZ108), éditée dans la collection Summer Special 1994. La montre, dotée d’un bracelet tressé et d’un cadran décoré d’épis de maïs, est présentée dans un emballage original garni de paille pouvant se transformer en chapeau de soleil. Le modèle a été produit à 33 333 exemplaires.[32][33]

Il conçoit également un coffret pour une Swatch de luxe.

À la fin des années 1980, dans le contexte de la rivalité publicitaire entre Energizer et Duracell, une agence de publicité commande à Stéphane Plassier la création d’un personnage destiné à incarner la marque Energizer. Pour faciliter cette recherche, l’agence lui loue la propriété de Rudolf Noureev à Saint-Barthélemy. Il en rapporte un carnet de croquis mettant en scène un Marsupilami « lapinivore », imaginé pour supplanter le lapin rose de Duracell.

En 1998, il dessine la ligne d’objets Stéphane Plassier pour le quotidien Le Monde, comprenant une lampe, un tête-à-tête en porcelaine et le cartable d’architecte.[34]

En 2002, Stéphane Plassier crée pour la manufacture de porcelaine Raynaud le Set Up, un service de table conçu en écho au plateau-repas du Concorde dessiné par Raymond Loewy, et décliné en plusieurs couleurs, dont le blanc, le noir, le rose, le kaki et l’orange.[35][36]

En 2006, Stéphane Plassier assure la direction artistique de Gus, concept store parisien consacré à l’univers masculin et associant mode, design et art de vivre. Il développe également à cette période la ligne de mobilier modulable Pélican.[37]

En 2008, pour la manufacture Henryot & Cie, labellisée Entreprise du patrimoine vivant, Stéphane Plassier dessine des versions contemporaines de plusieurs meubles du XIXe siècle figurant encore au catalogue de la maison : La Miséricorde, La Méridienne Sirène, Le Valet prie-Dieu, un pouf-coffre et le bureau Richelieu Ordixhuitième. Plusieurs de ces pièces sont présentées en 2009 par Artcurial dans la vente Une histoire d’Homme. La Miséricorde reprend le principe de la miséricorde des stalles de chœur, qui permet de prendre appui tout en conservant l’apparence d’une position debout.[38][39][40]

En 2009, toujours pour Henryot & Cie, Stéphane Plassier redessine l’emblématique fauteuil de metteur en scène dans une version inspirée du mobilier des années 1930, associant l’esthétique au confort de l’assise.

En 2011, Stéphane Plassier est invité à customiser la Tongue Chair de Pierre Paulin dans le cadre d’une vente caritative organisée par la maison de ventes Cornette de Saint Cyr. Il imagine à cette occasion le Kit polyglotte, composé de quatre pièces : Langue de bois, Langue de vipère, Cheveu sur la langue et Langue de p......[2]

En 2014, La Miséricorde est présentée à la Villa Empain, siège de la Fondation Boghossian à Bruxelles, dans l’exposition Entre deux chaises, un livre.[41]

En 2016, Stéphane Plassier dessine pour Carocim une collection de carreaux de ciment qui prennent pour motifs l’Ange-Sirène, le capitonnage et le bestiaire.[42]

À partir de 2017, il assure la direction artistique des Manufactures Catry, labellisées Entreprise du patrimoine vivant. Avec l’atelier Design textile de l’école La Cambre à Bruxelles, il initie le workshop Dossier Apparent, consacré au tissage Wilton et à l’intégration de sa structure Jacquard, habituellement dissimulée au revers du tapis.[43]

Parallèlement, l’atelier de Stylisme et création de mode de La Cambre développe un travail à partir des dentelles Darquer. Les deux collaborations sont réunies dans l’exposition Double Jeu, présentée au MAD à Bruxelles durant l’hiver 2018-2019, mettant en regard les créations de mode réalisées avec Darquer et les recherches textiles développées avec Catry.[44]

Le 1er avril 2019, Stéphane Plassier présente à la galerie du VIA L’Ange-Sirène & The Red Carpet. L’Ange-Sirène se décline en bronzes, luminaires, bas-reliefs et tapis, tandis que The Red Carpet transpose dans le tapis un corpus de dessins de poissons recueillis depuis la fin des années 1990 auprès de personnalités du cinéma et de la musique, parmi lesquelles Faye Dunaway, Sting, Lambert Wilson et Béatrice Dalle.[45]


Scénographie, architecture éphémère et muséographie

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En 1987, Stéphane Plassier réalise l’affiche des Trans Musicales de Rennes.[46]

En 1987, il conçoit un décor monumental installé sur la Grand-Place de Bruxelles, à l’invitation de Jacques Pilhan, créateur de la première agence de communication politique.[47]

À partir de 1988, dans le cadre de la Feria de Nîmes, Stéphane Plassier bâtit à l’échelle de la ville des décors, des scénographies et des installations monumentales qui servent notamment de fonds de scène aux concerts de rue. Les arènes, les façades et différents sites urbains deviennent des supports de création. Parmi ces réalisations figure, en 1989, une Carmen monumentale drapée sur la tour de l’Horloge.

En 1990, la direction artistique très contemporaine de cet événement ancestral de la ville de Nîmes fait l’objet d’un numéro de l’émission Champs-Élysées, diffusé en première partie de soirée sur Antenne 2 et présenté dans les arènes devant environ 8 000 spectateurs. Midi Libre montre Michel Drucker et Stéphane Plassier commentant les images de la Feria.[48]

En 1991, la Feria affiche de nouvelles couleurs et change de paramètres : une dizaine de camions customisés font office de scènes mobiles, plus de 400 musiciens participent au défilé, mis en scène par Stéphane Plassier. Libération rend compte de cette période dans « Nîmes fait tambour », tandis que Le Monde décrit en 1992 Plassier comme un créateur qui « habille la Féria de Nîmes ».[49][50]

En 1992, Stéphane Plassier coprésente avec la journaliste Yolaine de La Bigne Si ça vous change, magazine hebdomadaire diffusé sur Antenne 2. Consacrée aux tendances, aux jeunes créateurs et aux évolutions de la société, l’émission associe reportages, mode et design. Plassier en signe le décor. Le Monde, qui décrit les deux présentateurs comme « un couple complice, drôle sans niaiserie, et subtilement décalé », qualifie l’émission de « délicieusement futile ».[51][52]

En 1995, alors que Jean-Louis Dumas dirige la maison Hermès, Stéphane Plassier signe la scénographie de l’exposition Scarf Dance, présentée à la National Academy of Design de New York. Il y conçoit des dispositifs mettant en mouvement les carrés Hermès dans l’espace. Des structures mécaniques et des souffleries permettent aux carrés de se soulever, de se déployer et de rester en suspension. La Martha Graham Dance Company y présente une performance dans l’espace muséal.[2]

En 1999, le Palais Galliera confie à Stéphane Plassier l’affiche et la scénographie de l’exposition Mariage, consacrée aux représentations et aux codes de la robe de mariée.[53][54]

Au Palais de Tokyo, Stéphane Plassier conçoit une installation composée de longs rubans d’ottoman rouge suspendus depuis les hauteurs de l’espace muséal. À l’extrémité de chaque ruban, une pièce confiée par un couturier ou un designer est maintenue à hauteur du regard. Les visiteurs circulent ainsi dans une forêt de rubans et de créations suspendues. L’ensemble des pièces est ensuite vendu dans le cadre d’une vente caritative au profit de l’association AIDES.

Pour le passage à l’an 2000, Stéphane Plassier investit à nouveau la ville de Nîmes. Il conçoit un gigantesque calendrier de l’Avent enveloppant les arènes de Nîmes, où se dévoilent chaque jour du mois de décembre de nouvelles œuvres, dont l’énorme tête de taureau dessinée par Plassier, sculptée en bas-relief et se fondant dans l’architecture de pierre des arènes.

Cette importante installation associe plusieurs artistes, parmi lesquels Enki Bilal, Lydie Jean-Dit-Pannel, Axelle Renoir et Lambert Wilson. Renoir compose pour l’occasion une « symphonie électronique ». Lambert Wilson crée un spectacle fondé sur des textes recueillis auprès des habitants, dans le prolongement du dispositif participatif développé à cette période sous le titre Lettres à ma ville.[55][1]

En 2001, Stéphane Plassier signe le décor de Bérénice de Racine, mise en scène par Lambert Wilson, avec Kristin Scott Thomas dans le rôle-titre, Didier Sandre dans celui de Titus et Lambert Wilson dans celui d’Antiochus. Créé au Festival d’Avignon, au cloître des Carmes, en juillet 2001, le spectacle est ensuite repris au Théâtre national de Chaillot à Paris.[56][57]

À l’issue d’un appel à projets qu’il remporte, Stéphane Plassier conçoit la campagne de communication « Musée d’Orsay, musée vivant », réalisée à l’occasion de la réouverture du musée d’Orsay.[2]

En novembre 2011, pour la première édition de fotofever, Stéphane Plassier conçoit la scénographie et les costumes à l’Espace Pierre Cardin, ancien Théâtre des Ambassadeurs, à Paris, ainsi que le décor Œil pour Œil, constitué de grandes sculptures à la Tinguely, montées sur des structures métalliques et disposées sur les toitures plates du bâtiment.[58]

À partir de mars 2025, Stéphane Plassier élabore pour Montevideo le scénario franco-uruguayen de Caravana Negra. Conçu sous les auspices de l’Ambassade de France en Uruguay, Caravana Negra a vocation à prendre place dans quatre musées de la capitale, en associant arts visuels, musique, littérature, arts de la scène, mode, gastronomie et dispositifs pédagogiques dans une approche transdisciplinaire et immersive. Stéphane Plassier assure la conception artistique et scénographique du projet ; plusieurs de ses propres créations jalonnent Caravana Negra. Le commissariat est conçu de manière collégiale et le projet accorde une place importante à la recherche, à la transmission et aux expériences collaboratives destinées à différents publics. Présentation envisagée en 2027.[59]


Architecture et architecture intérieure

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En 1986, Stéphane Plassier conçoit l’architecture intérieure et le mobilier du château du Bourg-Blanc, comprenant les salons, les espaces de danse, les éclairages et les mosaïques des terrasses.

En 1988, Stéphane Plassier participe à la renaissance du cinéma Max Linder à Paris, en concevant des éléments de son aménagement intérieur, de son mobilier et de son identité visuelle.

Au début des années 2000, Stéphane Plassier conçoit la nouvelle aile de l’Oustau de Baumanière, aux Baux-de-Provence, dont il dessine l’architecture, la nouvelle façade et l’aménagement intérieur.[1][2]

En 2004, le Printemps de l’Homme lui confie un espace présenté sous le titre L’Appartement de Stéphane Plassier, réunissant vêtements, mobilier, objets et art de la table. L’installation comprend notamment une salle de bains avec une baignoire-lavoir.

En 2008, Stéphane Plassier conçoit l’architecture intérieure et la signalétique de l’École supérieure des arts visuels de Marrakech, sur un ensemble d’environ 9 000 m².[2]

En 2013, pour le groupe Probono, Stéphane Plassier conçoit un projet d’habitat constitué de bungalows bioclimatiques en bois.

Après une première expérience de restauration du domaine d’Aigremont, Stéphane Plassier développe une activité consacrée aux maisons de caractère.

En tant que concepteur, il associe la restitution des éléments architecturaux d’origine, lorsqu’ils sont documentés, à la création d’aménagements contemporains dans les espaces dépourvus de références historiques, en étroite concertation avec ses clients. Il développe dès lors ces projets en collaboration avec un bureau d’études structure, associant conception architecturale et ingénierie technique.

Parmi ces réalisations figurent la Villa des Platanes, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, en 2022, et le Castel Alléluia en 2023-2024.


Domaine d’Aigremont et transmission

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À partir de 2002, Stéphane Plassier fait du Château des Sœurs, à Pisseloup, en Haute-Marne, aujourd’hui intégré au Domaine d’Aigremont, un lieu de création, de résidence, de transmission et d’expérimentation.[60][61]

La gentilhommière, ancien « château des Sœurs », et les hébergages du Domaine d’Aigremont accueillent des artistes, auteurs, designers et photographes en résidence, des workshops et relais pédagogiques, une activité de production d’images, des associations d’aide à la réinsertion ainsi que des projets de recherche sur l’autonomie énergétique et l’optimisation des ressources du domaine.

Ouvert aux expériences collectives, le lieu développe un espace de permaculture et accueille des participants au WWOOFing. Son fonctionnement repose sur une démarche associant création, vie collective, interaction entre générations, usage des nouvelles technologies et respect de l’environnement.

Parmi les projets développés au château figure A Forest, atelier de recherche et de création mené avec l’ENSA Dijon, qui donne lieu en 2019 à une exposition au musée des Beaux-Arts de Dole, dont le Château des Sœurs est coproducteur.[62]

La transmission occupe une place importante dans cette activité. Stéphane Plassier collabore avec plusieurs écoles d’art, de design et de mode, parmi lesquelles la HEAD à Genève, l’ISAA à Paris et La Cambre à Bruxelles. À l’Institut français de la mode (IFM), il anime des workshops consacrés au vêtement sans couture, accompagne des étudiants et intervient sur des études de cas marketing au sein du Global Fashion Management MBA. Il travaille aussi avec des établissements secondaires, dont l’école Marie Laurencin.

Entre 2022 et 2023, huit étudiants ingénieurs de Centrale Nantes conduisent au château, dans le cadre du projet PhyCité, une étude portant sur l’autonomie énergétique et la gestion des ressources du domaine.

En 2024, le domaine accueille l’artiste Yoshikazu Goulven Le Maître pour une résidence consacrée au projet Peau d’âne, dans le cadre du dispositif « Jeunes ESTivants », soutenu par la DRAC Grand Est et coordonné par Scènes & Territoires.[63]

Le château accueille le tournage du long métrage suisse First Days, réalisé par Kim Allamand et Michael Karrer, produit par Sabotage Filmkollektiv en association avec Stéphane Plassier. Ce film sans dialogue est présenté en première mondiale au Festival international du film de Rotterdam en 2026.[64][65][66]

À l’été 2026, l’artiste suisse Saskia Edens y effectue une résidence.

Le domaine accueille des associations accompagnant des jeunes en difficulté, dans le cadre de séjours et d’ateliers de permaculture, parmi lesquelles Sauvegarde 51 et Sauvegarde 52.

Notes et références

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  1. 1 2 3 Corinne Brivot, « Stéphane Plassier. La création comme une fête », Le Monde 2, n° 156, 10 février 2007, p. 48-52.
  2. 1 2 3 4 5 6 « Stéphane Plassier : « Les créateurs sont malmenés » », Influencia, 28 novembre 2012. — en ligne
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