Soyouz-2 (fusée)
| Soyouz-2 | |
| Lanceur spatial moyen | |
|---|---|
Lanceur Soyouz 2.1b sur son pas-de-tir | |
| Données générales | |
| Pays d’origine | |
| Constructeur | TsSKB Progress |
| Hauteur | 46 m |
| Masse au décollage | 306 tonnes |
| Étage(s) | 3 |
| Famille de lanceurs | Soyouz |
| Motorisation | |
| 1er étage | 4x RD-107A / 1x NK-33 |
| 2e étage | 1x RD-108A |
| 3e étage | Soyouz-2.1a : 1x RD-0110 Ensuite : 1x RD-0124 |
| Divers | |
| Divers | remplace la Soyouz-U et Soyouz-FG |
| modifier |
|
La fusée Soyouz-2 (indice GRAU : 14A14) est un lanceur moyen russe dont l'objectif est de placer en orbite basse une charge utile de 7,5 tonnes. Soyouz-2 est la désignation collective pour les nouvelles versions du XXIe siècle de la fusée russe Soyouz.
Historique
[modifier | modifier le code]À compter de 1992, la Russie lance le développement d'une nouvelle version de la version Soyouz-U surnommée Rus (en russe : Русь). La Rus est renommée par la suite Soyouz-2. Mais l'aéronautique russe dispose à l'époque de moyens réduits et le développement du Soyouz-2 se fait au ralenti.
En 2006, un nouveau développement est envisagé sous la dénomination Soyouz 2.3. Cette version comporte un étage central propulsé par un moteur Kouznetzov NK-33 (le moteur du lanceur N1). Ce modèle peut mettre en orbite basse une charge utile de 11 tonnes depuis Baïkonour et de 12,7 tonnes depuis le CSG.
Depuis 2006, l'étage Fregat est utilisé conjointement avec la nouvelle version Soyouz-2 et donc la version Soyouz ST pour les lancements depuis le CSG, dont le premier a lieu le .
À la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 et aux sanctions contre la Russie ayant suivi, le directeur-général de Roscosmos Dmitri Rogozine annonce suspendre la coopération avec l'Europe pour le lancement de Soyouz-ST[1].
Description
[modifier | modifier le code]Dans sa forme de base, il s’agit d’une fusée à trois étages permettant de placer des charges utiles sur une orbite terrestre basse. Les propulseurs d'appoint de premier étage et les deux étages principaux sont dotés de moteurs plus puissants dotés de systèmes d’injection améliorés, par rapport aux versions précédentes du Soyouz.
Certaines versions moins puissantes abandonnent l'architecture du premier étage à quatre blocs regroupés en faisceau donnant au Soyouz son apparence si particulière et les moteurs-fusées d'origine du 1er étage sont remplacés par un unique propulseur NK-33 développé à la fin des années 1960 pour la fusée géante soviétique N1. Un nouveau moteur doit être installé sur le troisième étage (RD-0124 avec une poussée de 30 kN, une impulsion spécifique de 3 522 N s/kg soit 359 secondes) et les moteurs des premier et second étages doivent être remplacés par des RD-107A et des RD-108A plus puissants.
La Russie souhaite disposer d'un système de commandes de vol numérique destiné à remplacer le vieux système analogique des années 1960. Cette modification doit permettre d'apporter plus de souplesse au plan de lancement et d'optimiser l'utilisation du carburant ce qui doit augmenter la capacité d'emport. Les systèmes de commande de vol et de télémétrie numériques permettent de lancer la fusée à partir d’une plate-forme de lancement fixe, tandis que les plates-formes de lancement des anciennes fusées Soyouz devaient être pivotées, la fusée ne pouvant changer de direction en vol.
Versions
[modifier | modifier le code]- Soyouz 2.1a, la première version de Soyouz 2 ayant volé
- Soyouz 2.1b, une version possédant un moteur amélioré sur son troisième étage
- Soyouz-STK (versions 2.1a et 2.1b, « ST » pour « Spéciale Tropiques ») utilisée depuis le Centre spatial guyanais[2]
- Soyouz ST-A, l'équivalent français de Soyouz 2.1a
- Soyouz ST-B, l'équivalent français de Soyouz 2.1b
- Soyouz 2.1v, dérivée du Soyouz 2.1b, il était connu auparavant sous l'appellation Soyouz 1
Caractéristiques techniques
[modifier | modifier le code]Le Soyouz-2.1a peut placer une charge utile de 7 020 kg sur une orbite de 200 km depuis Baïkonour ; depuis le cosmodrome de Plessetsk, une charge de 6 830 kg peut être envoyée sur une orbite de 220 km. Cette version dispose d'un système de commande de vol numérique et son troisième étage est toujours propulsé par l'antique RD-0110.
Le Soyouz-2.1b peut placer une charge utile de 8 250 kg sur une orbite de 200 km depuis Baïkonour ; depuis le cosmodrome de Plessetsk, une charge de 7 020 kg peut être envoyée sur une orbite de 220 km. Son troisième étage est modifié pour recevoir un moteur RD-0124. La capacité d'un Soyouz-STK (versions 2.1a et 2.1b, « ST » pour « Spéciale Tropiques ») utilisée depuis le Centre spatial guyanais est encore bien supérieure. Soyouz-STK peut placer une charge de 9 000 kg en orbite basse. À 450 km d'altitude, la capacité est portée de 4 900 kg à 5 500 kg avec l'ajout de l'étage Fregat[3]. Les modèles de lanceur Soyouz lancés depuis le CSG profitent des améliorations effectuées sur le lanceur depuis les années 2000[4]. La combustion des moteurs des premier et deuxième étages est optimisée permettant un gain de cinq secondes sur l'impulsion spécifique. Le système de contrôle et de télémesure analogique est remplacé par une version numérique. Le lanceur dispose d'une nouvelle coiffe de grande taille. L'étage supérieur Fregat, redémarrable plusieurs fois, permet l'adaptation du lanceur à une grande variété de missions.
Un dérivé du Soyouz 2 utilisant un premier étage motorisé par des NK-33 a vu le jour sous le nom de Soyouz 2.1v, il utilise le second étage de la Soyouz 2.1b et la possibilité d'utilisé un troisième étage Volga . Le premier vol du lanceur a eu lieu en 2013[5]. Le Soyouz 2.1v peut placer 2 850 kg en orbite basse. Cette version du lanceur a effectué son dernier vol en 2025[6].
Lancements
[modifier | modifier le code]Le [7] un lanceur Soyouz-2.1a, modèle intermédiaire, est lancée avec succès.
Un second lancement intervient le pour placer en orbite le satellite météorologique européen MetOp pour lequel sont utilisés le quatrième étage Fregat et une coiffe de type ST.
Le Soyouz-2.1b, qui reprend les spécifications initiales de la Soyouz-2, est lancée pour la première fois à Baïkonour le : il place en orbite polaire le télescope spatial CoRoT.
Les deux premiers lancements depuis le CSG sont réussis :
- le : STB, pour les deux premiers satellites Galileo IOV ;
- le : STA, pour les satellites Pléiades, SSOT et Elisa.
En 2013 a eu lieu le premier vol du lanceur Soyouz 2.1v[5].
Culture populaire
[modifier | modifier le code]L'objectif d'une des missions du jeu vidéo Call of Duty: Black Ops est de détruire la fusée Soyouz 2 avant son lancement[réf. souhaitée].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Sanctions européennes : la Russie suspend les lancements depuis la base spatiale de Kourou », sur BFM Business (consulté le ).
- ↑ « Page du CNES », CNES.
- ↑ (en) « Soyouz en Guyane », sur centrespatialguyanais.cnes.fr (consulté le )
- ↑ (en) « SOYUZ user's manual » [PDF], arianespace.com, (consulté le ).
- 1 2 (en-US) Chris Bergin, « Russia conducts successful debut launch of Soyuz-2-1v », sur NASASpaceFlight.com, (consulté le )
- ↑ (en-US) « Russia launches last Soyuz-2.1v carrier rocket - Prensa Latina », sur plenglish.com, (consulté le )
- ↑ Nicolas Pillet, « Soyouz-2.1a | 8 novembre 2004 », sur kosmonavtika.com, (consulté le )