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Mouvement français pour le Planning familial

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Mouvement français pour le Planning familial
Histoire
Fondation
Prédécesseur
La Maternité heureuse (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Cadre
Type
Forme juridique
Association loi de 1901
Association déclaréeVoir et modifier les données sur Wikidata
Objet social
Mouvement féministe d'éducation populaire, le Planning familial milite pour l'égalité femmes/hommes et la possibilité pour chaque personne de vivre une sexualité épanouie, à l'abri des grossesses non prévues et des infections sexuellement transmissibles. L'association défend le droit à l'éducation à la sexualité, à la contraception, à l'avortement et lutte contre les violences et les discriminations liées au genre et à l'orientation sexuelle.Voir et modifier les données sur Wikidata
Domaines d'activité
Planification familiale, éducation sexuelle, administration publique (tutelle) de la santé, de la formation, de la culture et des services sociaux, autres que sécurité socialeVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège
Pays
Organisation
Fondatrice
Affiliation
Sites web
Identifiants
RNA
SIREN
OpenCorporates

Le Mouvement français pour le Planning familial (MFPF), ou Planning familial, est une association française régie par la loi de 1901. Elle a été créée en 1956 sous le nom de "Maternité heureuse". Aujourd'hui c'est une confédération nationale composée de 80 à 82[1] associations départementales autonomes et elles-mêmes organisées 9 fédérations régionales[2].

En 1967 le MFPF se revendique de l'éducation populaire et en 1983 du féminisme.

Il a pour objet la défense des droits sexuels et reproductifs : l'éducation sexuelle, le droit à la contraception et à l'avortement et le contrôle des naissances ainsi que la lutte contre les violences et les discriminations liées au genre et à l'orientation sexuelle.

L'association gère le numéro vert gratuit "Sexualités, contraception, IVG" 0800 08 11 11[3].

Mouvement féministe d'éducation populaire, le Planning familial milite pour l'égalité femmes/hommes et la possibilité pour chaque personne de vivre une sexualité épanouie, à l'abri des grossesses non prévues et des infections sexuellement transmissibles. L'association défend le droit à l'éducation à la sexualité, à la contraception, à l'avortement et lutte contre les violences et les discriminations liées au genre et à l'orientation sexuelle[4].

De la création de l'association en 1956 à 1967

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Maternité heureuse

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En 1955, à la suite d'un fait divers ayant conduit un an plus tôt les époux Bac à être condamnés pour avoir laissé mourir faute de soin leur quatrième enfant[a], la sociologue Évelyne Sullerot propose à la gynécologue Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé de fonder une association de femmes qui officiellement ne promeut pas le contrôle des naissances mais se consacre « aux problèmes de la maternité et ses répercussions sociales et psychologiques », pour ne pas tomber sous le coup de la loi de 1920, qui condamne toute diffusion d'informations et de moyens anticonceptionnels[5]. Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé espère aussi, en diffusant des informations et des moyens de contraception, lutter contre l'avortement, que cette dernière juge dangereux pour la santé des femmes[5] (les avortements clandestins sont estimés entre 400 000 et 600 000 à cette époque[6]).

Ces deux femmes sont à l'origine de la création de la « Maternité heureuse »[7], dont les statuts sont déposés le [8]. Des protestantes, notamment issues du Mouvement Jeunes Femmes s'investissent dans l'association : Suzanne Duflo est la première secrétaire générale[9],[10] et Madeleine Tric représente le Mouvement Jeunes Femmes au Conseil d'administration de Maternité heureuse[11.1]. Pierre Simon, médecin généraliste rejoint l'association à la fin des années 1950, tout comme Yvonne Dornès[12], Anne-Marie Dourlen-Rollier[13.1] ou encore Catherine Valabrègue[14], qui a été secrétaire générale de l'association pendant 15 ans. En 1958[15.1] ou 1959, la « Maternité heureuse », s'affilie à l'International Planned Parenthood Federation, mouvement malthusien créé en 1952 à Bombay et dont le siège était à Londres[16].

Dès ses débuts en 1956 l'association publie un périodique intitulé La Maternité heureuse, Bulletin d'information[13.2]. Catherine Valabrègue est chargée d'en coordonner la rédaction[13.3].

Gouvernance nationale et structuration du Mouvement français pour le Planning familial (MFPF)

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Le Mouvement français pour le planning familial, prend en 1960 le relais de la « Maternité heureuse », poursuivant son œuvre d'information incluant le conseil familial et sexuel[17] et la promotion de la maternité volontaire[5]. En 1961, le conseil d'administration comprend désormais plus d'hommes (21) que de femmes (18)[15.2].

Le collège des médecins est une instance interne créée en 1962, animée par un comité directeur et qui comprend des médecins chargés de former d'autres médecins à prescrire la contraception[18]. Le fait d'être un groupe leur permet d'échapper aux sanctions du conseil de l'ordre des médecins[15.2]. Ce collège compte 800 membres en 1965[19]. Pierre Simon en est président[13].

Le congrès des 9-10 qui se déroule à Lyon décide de transformer l'association en une fédération nationale d'associations locales, dont le siège se situe 2 rue des Colonnes à Paris[20]. Entre le début de l'année 1963 et la fin de l'année 1964 le MFPF est passé de 16 000 à 45 000 adhérents[19]. Son congrès de mai 1965 se déroule à Paris[19]. Lors de son congrès des 3 et à Bordeaux, le Planning familial se déclare « mouvement d'éducation populaire et permanente[21] »[22]. Cette année-là le mouvement compte entre 95 000[13.4] et 100 000 adhérents et adhérentes[23].

Toujours en 1967, Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé, fondatrice du mouvement, démissionne de son poste de présidente car elle estime que le but que s'était donné l'association est atteint[5] et parce qu'elle constate que le MFPF est devenu un mouvement militant, ce à quoi elle était opposée[11]. De nombreux autres membres de l'association souhaitent poursuivre la lutte pour la maternité libre. Le médecin Jean Dalsace est alors élu président . Pour des raisons de santé il doit démissionner en 1970[24]. Pendant son mandat la gouvernance nationale du MFPF comprend de nombreux médecins[15.3].

Le MFPF et la lutte pour l'information et l'accès à la contraception

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Le combat politique pour faire changer la loi
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Le MFPF conteste la loi votée en 1920 par l'Assemblée nationale qui interdit l'avortement et la contraception. Officiellement pourtant, l'association ne revendique pas le contrôle des naissances, mais la venue au monde d'enfants en bonne santé et évoluant dans de bonnes conditions de vie, comme le rappelle Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé lors du congrès qui se tient à Lyon les 9 et [20]. En complément de l'action de terrain du MFPF, les francs-maçons et francs-maçonnes qui en sont membres agissent pour « pour créer un mouvement d'opinion national en faveur du Planning, en actionnant les réseaux francs-maçons et libres penseurs dans toute la France. Parallèlement à cette sensibilisation, la stratégie consiste à travailler le milieu parlementaire pour préparer, en coulisses, une réforme législative »[10.1]. Pour continuer à appuyer son action, le MFPF se dote en 1964 d'un comité d'honneur composé de personnalités publiques respectables et visibles dont Simone de Beauvoir, Colette Audry, Françoise Giroud, Yvonne Netter, Louise Weiss. Les trois prix Nobel de médecine François Jacob, André Lwoff et Jacques Monod en assurent la présidence[13]. Le Planning familial saisit le moment de l'élection présidentielle de 1965 pour faire avancer sa cause dans les réseaux socialistes (SFIO, Mouvement démocratique féminin[13]).

Maurice Deixonne, secrétaire général de l'association, annonce à l'issue du congrès se déroulant à Paris en la mise en place d'une commission visant à présenter aux parlementaires des aménagements à la loi de 1920[19]. Cette action est notamment portée par Pierre Simon, qui se rapproche du député gaulliste Lucien Neuwirth. Ils rédigent un projet de loi et font jouer leurs influences pour rallier d'autres députés gaullistes ainsi que le général De Gaulle via son épouse Yvonne[13].

Le MPPF célèbre son 10e anniversaire le 23 février 1966 au Palais de Chaillot à Paris dans ce contexte et fait de ce moment une étape supplémentaire dans sa légitimation et dans son combat pour faire changer la loi sur la contraception[13].

Le projet de loi de Lucien Neuwirth est co-signé par quatre députés dont deux femmes : Suzanne Ploux députée du Finistère et Odette Launay députée de la Seine[13]. En , l'Assemblée nationale vote la loi Neuwirth, qui autorise la fabrication et la délivrance de contraceptifs sur ordonnance.

La diffusion de l'information sur la sexualité et l'accès concret à la contraception
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Au début des années 1960 la direction du MFPF donne le feu vert pour l'importation et la vente des produits anticonceptionnels[25]. Cette importation étant prohibée, contrairement à leur diffusion à condition toutefois que celle-ci ne soit pas faite à des fins de propagande anticonceptionnelle[26], les membres du MFPF acheminent donc clandestinement ces produits (diaphragmes et gelées spermicides) commandés en Angleterre[27]. A partir de 1962 des membres du Planning familial de l'Isère à Grenoble mettent au point un procédé de fabrication de gelée spermicide, nommée "Alpagel"[28]. Les moyens de contraception sont vendus uniquement aux adhérents et adhérentes, pour contourner l'interdiction de propagande[5].

Le premier centre d'accueil et d'information du Planning familial est ouvert à Grenoble par Henri Fabre et les autres membres isérois du MFPF le [29]. L'initiative est soutenue par l'IPPF[15.2]. Le second centre est ouvert 2 rue des Colonnes à Paris le [29],[15.2]. Dans les cuisines du centre parisien, situé dans les mêmes locaux que la fédération nationale, se déroulent des démonstrations de pose de diaphragme sont faites sur des prostituées recrutées pour l'occasion[30]. En 1962, le MFPF compte 27 centres d'accueil et d'information[15.2]. On pouvait se procurer dans ces centres des diaphragmes, des gels spermicides, puis les premières pilules contraceptives (fabriquées aux États-Unis). Le succès est indéniable et oblige le mouvement à se structurer et à organiser la formation de conseillères, dites « hôtesses d'accueil », et de médecins. « En quelques années, constate Isabelle Friedmann dans son livre, le Planning familial a su créer un état de fait »[25]. Dans les cent centres et permanences que compte le Planning familial en 1966[13], 450 médecins prescrivent alors des contraceptifs , une pratique à la limite de l'illégalité[25].

Le périodique du MFPF La Maternité heureuse, Bulletin d'information est renommé en 1964 Planning familial, Revue trimestrielle du Mouvement français pour le Planning familial[13.2]. Il est diffusé à l'ensemble des adhérents, ce qui en fait un relais important des messages de l'association.

En 1966, 59 départements français ont sur leur territoire une permanence du Planning familial[31]. Cette même année Pierre Jouannet, militant de l'Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes et de l'UNEF[32] participe à la création d’une permanence de planning familial dans un dispensaire de la MNEF, avec Joëlle Brunerie-Kauffmann, gynécologue, le Mouvement français pour le planning familial, et un groupe de médecins amis[32]. C'est la première initiative de ce type en milieu étudiant[32].

Au cours de l'année 1967 le MFPF commence à mener une politique de rapprochement avec les organisations syndicales[13.4].

Pendant sa première décennie d'existence l'association refuse de se revendiquer du féminisme des membres admettent contribuer, par l'accès à la maternité volontaire, à l'émancipation des femmes[11.2], tandis que d'autres écartent cette idée, tel Pierre Simon qui voit le MFPF plutôt comme un moyen de faire reculer l'influence des religions sur les moeurs[10.2].

De 1968 à 1980

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Un mouvement qui poursuit sa structuration

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Le Planning connait une chute importe de ses adhésions, comptabilisées à hauteur de 35 000 en 1973[13.4].

En 1976, le MFPF célèbre son 20e anniversaire aux côtés de représentants de syndicats, de partis politiques, d'associations, de groupes féministes[13.5].

Gouvernance confédérale
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Succédant à Jean Dalsace, André Lwoff, lui aussi médecin et surtout chercheur en biologie moléculaire, devient président du mouvement national en 1970[5]. Son mandat est notamment marqué par une contestation de plus en plus forte du pouvoir médical en interne du MFPF[15.4]. Il démissionne le 13 avril 1973, dans un contexte de fortes tensions sur la question de l'avortement[5.1]. Simone Iff est quant à elle présidente de juin 1973[13] au début de l'année 1979, moment de mise en place d'une gouvernance collégiale[33].

Les hôtesses d'accueil obtiennent la mise en place d'un collège, représenté au bureau, en 1972[31].

Un système de financement en évolution
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Le système de cotisation confédérale, due par les associations départementales à la confédération pour assurer le fonctionnement de celle-ci, est mis en place en 1975[33].

Radicalisation du mouvement

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S'il ne se positionne pas officiellement en mai 68, le MFPF participe de l'effervescence de l'époque, se politise et se radicalise, en liaison avec l'émergence d'un nouveau féminisme[21]. Il met en place en 1969 un groupe de travail « Information éducation sexuelle » (IES) avec la FEN, la Mutuelle générale de l'Éducation nationale (MGEN), la Ligue de l'enseignement et la Fédération des conseils de parents d'élèves, qui vise à éduquer les adolescents à la sexualité, en instaurant des relais dans les établissements scolaires[21]. Au moment de son élection en 1970 le président André Lwoff se prononce d'ailleurs sur les deux publics prioritaires ciblés par le Planning familial : les jeunes et les travailleurs et travailleuses[24]. A cet escient l'association continue de se rapprocher des syndicats (CGT, FO et surtout CFDT), afin d'investir les entreprises pour y diffuser l'information sur la sexualité[21]. C'est un moment où, sous l'influence de mai 68 et des militantes de base  les assistantes-conseillères-animatrices (ACA), qui entrent en conflit avec la direction  le MFPF commence à envisager la sexualité en termes de classes sociales, et à s'intéresser aux luttes contre l'inégalité économique et sociale[21].

En 1971, le MFPF est agréé mouvement d'éducation populaire, mais non d'utilité publique[21]. L'année suivante, les décrets d'application de la loi Neuwirth sont promulgués, autorisant la contraception et la création de centres d'information et de planification. Un courant au sein du MFPF considère alors l'objectif du mouvement atteint, et donc la dissolution nécessaire, ce qui est refusé par les autres (dont Sylvie Franco, la secrétaire générale adjointe, Jean Gondonneau[34], le secrétaire général adjoint, Simone Iff, la vice-présidente, et Suzanne Képès[21]), qui considèrent « que c’est une autre lutte qu'il faut mener de caractère plus politique, car elle relie les problèmes de la sexualité à toute la vie sociale[21] ».

Le MFPF et la CFDT

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Les contacts avec la CFDT s'ébauchent dès 1970, Fredo Krumnow étant chargé des relations avec le Planning. La centrale effectue son tournant laïc lancé en 1964. Eugène Descamps déclare en que « Les problèmes concernant les femmes appellent des changements de mentalité », au moment du vote de la loi Neuwirth. La docteure Cécile Goldet, membre du MFPF, intervient alors au congrès. C’est également en 1967 que le premier article consacré à la contraception, le seul à aborder cette question avant 1971, est écrit par Emile Favard dans "Syndicalisme-Magazine". Mais la question du salaire unique, entre ceux qui veulent une allocation réservée à la femme au foyer avec des enfants à charge et ceux qui défendent une allocation pour un véritable libre choix ne sera réglée qu'au congrès suivant, en . La CFDT commence à mieux prendre en compte la sexualité et les thématiques féministes, notamment après la publication du Manifeste des 343 ().

Jeannette Laot impulse alors le débat au sein de la centrale[21]. Le une rencontre, après la parution des décrets de la loi, permet d'envisager des coopérations alors qu'une partie du MFPF estime avoir déjà atteint son objectif : la contraception a le droit de cité, le mouvement doit donc se dissoudre. Mais les relations ne restent qu’au niveau du contact.

En 1973, Alphonse Pageaud, permanent de la CFDT-PTT et membre du MFPF depuis 1965, date à laquelle son épouse a eu recours à l'avortement, devient ainsi président du Planning familial de Paris[21] au moins en 1973-1974[5]. Des cédétistes sont investis dans « la commission de la famille » du comité d’entreprise (CE) de la Thomson-CSF à Bagneux qui, en collaboration avec le Planning, organise en 1972 une exposition sur la contraception ainsi que deux conférences[21], alors que la CFDT a pris position depuis en faveur du droit à l’avortement. Mais c'est l’effet mobilisateur du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC), fondé le , qui accélère le rapprochement[21]: à partir de 1974, les deux organisations mèneront des actions conjointes (commissions planning, formations internes, etc.)[21]. Marcel Gonin, qui œuvra à la déconfessionnalisation de la CFTC-CFDT puis à son « évolution » est très actif au MFPF, en sympathie avec le mouvement des femmes auquel trois de ses filles participaient[21]. Dans le sillage du pacte d'unité signé entre la CFDT et la CGT le , les deux syndicats ont signé une plate-forme sur les revendications des femmes salariées le , pour agir au sein des comités d’entreprise via des commission[21]. Il est cependant déploré que si « l’activité des commissions planning des CE se poursuit dans les grandes entreprises, où les travailleuses sont nombreuses, cette activité reste extérieure aux sections syndicales d’entreprises (SSE)[21].

L'historienne Pascale Le Brousser indique que :

« au cours des années soixante-dix, les rapports entre le PS et les deux organisations [le MFPF et la CFDT] se renforcent. Plus encore, nous pourrions peut-être dire que les militant-e-s cédétistes engagé-e-s dans le combat pour les droits des femmes, tout comme le MFPF, participent de l’élaboration d’un « féminisme socialiste » que symbolisent, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, les nominations respectives de Simone Iff au ministère des Droits de la femme et de Jeannette Laot à l'Élysée - où elle occupe un poste de conseillère aux Affaires sociales [dans le cabinet d'Yvette Roudy ][21]. »

Cette collaboration se poursuit à la fin des années 1970 et au début des années 1980. En février 1979, le MFPF signe un communiqué avec la CFDT, la CGT, et la FEN afin d'intensifier la mobilisation en vue de la reconduction de la loi Veil[21]. Il participe aussi, en 1979 et 1981, au mouvement pour l'amélioration de la législation sur l'IVG et son remboursement par la Sécu (acquis après l'élection de François Mitterrand), aux côtés de la CFDT, de la Confédération syndicale du cadre de vie (CSCV), de la Confédération syndicale des familles (CSF) et du Conseil national des associations familiales laïques (CNAFAL)[21], interpellant avec ces mêmes partenaires les candidats à la présidentielle sur leur programme en matière de sexualité et de contrôle des naissances, mais aussi sur le droit à l'emploi des femmes[21].

La lutte du MFPF pour le droit à l'avortement

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Au cours de la séquence 1968-1980 le positionnement du Planning familial sur l'avortement évolue grandement : l'association passe en effet de la condamnation morale à la revendication de l'avortement libre[13.6].

L'accès à l'avortement thérapeutique, un combat porté en marge du MFPF
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Dans la suite de la victoire de l'obtention de la l'autorisation légale de la contraception, une partie des membres de l'association souhaite continuer la réflexion et l'action sur la libre maternité, notamment au sujet de l'avortement. Estimant que le MFPF n'est pas un espace adéquat pour cela, ces personnes créent en 1969 l'Association nationale pour l'étude de l'avortement (ANEA)[13.7]. Le MFPF y adhère en 1970[24].

Du manifeste des 343 à l'engagement au MLAC
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Si Simone Iff s'est personnellement mobilisée pour obtenir des signatures du manifeste des 343 femmes déclarant avoir avorté sorti le 5 avril 1971, le MFPF dans son ensemble n'a pas participé à l'initiative[13.8].

Les militantes du Planning familial s'engagent dans la lutte pour le droit à l'avortement, en particulier après la publication du manifeste des 331 médecins () initié par le Groupe information santé. Simone Iff, alors vice-présidente du Planning, participe à la réunion fondatrice du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC) le , devenant vice-présidente de l'association avec Jeannette Laot, de la CFDT, avec Monique Antoine à la présidence[21]. Elles conserveront ces responsabilités jusqu'au , la loi Veil, qui autorise l'IVG pour une durée de cinq ans, ayant alors été promulguée par le gouvernement Chirac (UDR)[21].

La participation du MFPF au MLAC a entraîné une radicalisation du Planning sur la question de l'avortement, la tendance la plus à gauche remportant le pilotage du mouvement lors du congrès des 2 et avec l'élection de Simone Iff à la présidence[21]. Alors que le Planning s'était contenté, au congrès de 1971, de condamner la législation réprimant la contraception et la loi de 1920 prohibant l'IVG, il se prononce désormais « en faveur de l’avortement et de la contraception libres et remboursés par la Sécurité sociale ». La création de centres d'orthogénie gérés par le Planning familial est décidée pendant le congrès de 1974[33].

Le MFPF et la loi sur l'Interruption volontaire de grossesse
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Après la promulgation de la loi Veil le , le MFPF pousse l'État à créer des centres IVG en interrompant ses propres activités d'avortement[35]. Il continue cependant d'une part à informer les femmes, à orienter celles se trouvant dans une situation qui les exclue du périmètre de la loi (par exemple les mineures qui n'ont pas d'autorisation parentale) et d'autre part à faire avancer les parlementaires sur l'allongement des délais, sur la suppression de l'entretien préalable obligatoire et sur la reconduction de la loi sur l'IVG. Côté gouvernement c'est cette fois Monique Pelletier, ministre déléguée à la condition féminine, qui défend la loi. Celle-ci est promulguée le , l'avortement est désormais inscrit dans la loi de manière pérenne [33].

Les autres engagements du Planning familial dans les années 1970

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Au moment de la création du Conseil supérieur de l'information sexuelle, de la régulation des naissances et de l’éducation familiale (CSIS) en 1973 le MFPF n'y est pas nommé, ses membres interprétant cela comme une sanction due à l'affirmation de la pratique d'avortements illégaux. Simone Iff finit par y représenter le mouvement à partir de 1974, le secrétaire général de la CFDT Edmond Maire lui ayant laissé le siège destiné au syndicat[13],[15].

Les années 1980

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Fonctionnement

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Durant cette décennie, le bureau confédéral a fonctionné en collégialité, conformément à des décisions prises lors du congrès des 31 mars et 1er avril 1979[33].

Le Planning familial s'engage dans une collaboration institutionnelle avec le gouvernement[21], notamment avec Yvette Roudy, ministre aux droits de la femme, dont Simone Iff devient conseillère[33]. En 1985 la ministre fait en sorte que le MFPF obtienne le statut de Reconnaissance d'utilité publique, mais le conseil d'administration du mouvement la refuse finalement[15.5].

La confédération du MFPF déménage de la rue des Colonnes pour s'installer dans un local plus spacieux square Saint-Irénée à Paris en 1983[33]. Lors du congrès qui se déroule la même année le Planning ajoute dans ses statuts, après un débat houleux, le fait de se revendiquer du féminisme[33]. Le congrès des 20 et 21 mai 1989 est l'occasion de refaire un point sur le sujet, dans un contexte où le militantisme féministe est très majoritairement non mixte et où la mixité du MFPF apparait comme contradictoire avec sa revendication de féminisme. La question de l'autonomie du mouvement se pose également lors de ce congrès, après plusieurs années de forte institutionnalisation[36].

Revendications et activités

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Lors de son congrès de 1980 le MFPF décide d'élargir ses thèmes de réflexion et de revendication à l'emploi des femmes, aux conditions d'accouchement, à la lutte contre le viol et contre les violences, au soutien aux femmes prostituées[37].

La thématique de la contraception fait l'objet d'un colloque international organisé par le MFPF les 18 et [38]. Marie-Noëlle Thibault, responsable de l'URP-CFDT[39], y est invitée[21] ; Joëlle Brunerie (gynécoloque), Étienne-Émile Baulieu (biologiste), Yvette Roudy (ministre des droits de la femme) et des représentants de la FCPE, du Conseil supérieur de l'éducation sexuelle notamment interviennent. Les militantes du Planning présentent quant à elles les résultats d'une enquête réalisée auprès de 5000 femmes[38].

Concernant l'avortement, le Planning se mobilise pour le remboursement de l'IVG par la Sécurité sociale[40], ce qui est obtenu fin 1982. En 1986-1987 les associations départementales de la Moselle et du Rhône font face à des plaintes après avoir informé des femmes sur les possibilités d'avorter à l'étranger après le délai légal de l'IVG en France[41].

Le mouvement prend conscience de son rôle à jouer dans la lutte contre le Sida et le VIH vers 1985-1986 et s'implique pleinement à partir de 1988 notamment auprès des jeunes, grâce à son expertise en matière d'éducation à la sexualité[33]. La lutte contre les violences faites aux femmes devient une des actions importantes de l'association, qui fait partie des structures fondatrices du Collectif féministe contre le viol en 1987[42]. Ce sont notamment des conseillères conjugales et familiales du Planning qui tiennent les permanences téléphoniques du dispositif "Viol femmes informations"[33],[31]. Ces pionnières entament un travail de conviction au sein du mouvement et les premières formations internes sur la question des violences sexuelles, et notamment de l'inceste, se déroulent à partir de la fin des années 1980[33].

Les nouvelles techniques médicales facilitant la procréation amène le MFPF à réfléchir sur les enjeux en termes de pouvoir médical[33] et à se positionner non plus seulement sur le droit de ne pas avoir d'enfant, mais désormais aussi sur le droit d'avoir des enfants. Ces questions sont débattues lors du colloque "L'ovaire-dose ? Colloque sur les nouvelles méthodes de procréation" qui se tient au Centre hospitalier Saint-Antoine à Paris les 3 et [43].

Sur le plan du plaidoyer international pour les droits des femmes, le MFPF participe à la conférence de l'ONU organisée à Nairobi en 1985[44].

Les années 1990

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Fonctionnement

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Jusqu'à la fin des années 1990 le bureau confédéral continue de fonctionner en collégialité, mais l'instance fait face à des difficultés de recrutement[33] qui ne sont pas sans liens avec des complications que le MFPF dans son ensemble traverse : conflit entre la confédération et les entités locales, enjeux de pouvoir, "pas assez d'analyse politique au niveau national, on avait du mal à ce que le Mouvement soit reconnu comme force politique" d'après Danielle Gaudry[29]. Le congrès de 1998, qui se déroule à Nantes, est un moment de grande remise en cause suite à l'impossibilité d'adopter la motion d'orientation générale. Un petit groupe de militantes assurent alors les missions du bureau confédéral tandis qu'une vingtaine de membres du Conseil d'administration confédéral visitent en binôme chaque association départementale, pour mieux appréhender la réalité d'alors du MFPF[33].

Revendications et activités

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Le MFPF participe à l'élaboration de la loi sur le « délit d'entrave à l'IVG » en 1992 et la même année le non remboursement des pilules mobilise l'association.

Le Planning défend depuis longtemps le principe d'éducation sexualisée. Dans ce cadre le MFPF participe à la campagne contre les abus sexuels sur les mineurs dans les établissements scolaires.

Lors de son congrès de 1993 le MFPF décide du lancement d’une réflexion “femmes et Sida” pour mieux prendre en compte les rapports de genre dans l'épidémie, notamment la question des violences subies par les femmes[33].

Après quelques années de recentrage de son action sur les questions strictement liées aux travail, la CFDT s'engage de nouveau aux côtés du Planning familial dans les années 1990[21].

Au cours de cette décennie, le MFPF poursuit son analyse et ses activités au niveau international. Ainsi, l'association organise à Paris les 12 et 13 janvier 1991 un colloque intitulé "Europe et elles" au cours duquel il est notamment question des offensives réactionnaires qui sévissent de plus en plus contre les droits des femmes[45]. En 1994, le MFPF membre de la délégation gouvernementale participe à la conférence internationale des Nations unies sur la population et le développement au Caire. En 1995, le MFPF participe à la quatrième conférence mondiale sur les femmes à Pékin.

Les années 2000

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Fonctionnement

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Après deux ans de travail d'enquête sur l'état du mouvement, le MFPF se retrouve en mai 2000 en congrès à Figeac. De profondes modifications de fonctionnement son décidées, comme par exemple la fin de la collégialité au bureau confédéral, la mise en place de commissions thématiques ou encore le fait que chaque association départementale sera désormais représentée au Conseil d'administration confédéral[33].

Lors du congrès de 2002 qui se tient à Valence il est question de la fonction employeur et du début de la rédaction d'une charte du mouvement, adossée aux statuts[33].

Françoise Laurant est présidente nationale du MFPF de 2000 à 2009[5], année au cours de laquelle Carine Favier est élue sur ce poste.

La confédération rassemble 68 associations départementales en 2006[33].

Revendications et activités

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La lutte contre les violences faites aux femmes demeure un des sujets d'action du Planning familial[46], de même que la défense du droit à l'avortement. Ainsi, lorsque le député Jean-Paul Garraud fait adopter en 2003, dans le contexte des travaux sur la loi portant sur l'adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité, un amendement visant à la création d'un délit d'interruption involontaire de grossesse, le MFPF se mobilise contre car il y voit le risque de donner "insidieusement au fœtus le statut juridique d'une personne[47]", selon les mots de Françoise Laurant, pour qui cela reviendrait à remettre en cause le droit à l'avortement.

En 2004 et 2005, le Planning familial partage des idées et actions avec Ni putes ni soumises, et dénonce la montée des intégrismes de tout bord[48]. Pour la journée internationale des droits des femmes du 8 mars, en 2005 les deux associations font le choix d'organiser une manifestation le samedi 6 mars 2005 et de ne pas participer à la manifestation unitaire du mardi 8 mars en raison de la présence de militants du collectif Une école pour toutes et tous, dont des femmes portant le voile[49],[50.1].

En 2007, le Planning familial appelle solennellement à « voter à gauche » aux législatives de juin, afin de faire barrage à une majorité de droite qu'il juge dangereuse pour les libertés et les droits acquis (avortement, assurance maladie solidaire, etc.)[51].

En , dans le cadre des débats autour de la loi de finances, le gouvernement Fillon (UMP), et notamment son ministère de la famille piloté par Brice Hortefeux, annonce une baisse importante des crédits alloués au Planning familial. Une diminution de 42 % est prévue pour 2009 et les crédits ne sont pas assurés d'être reconduits en 2010. Ces restrictions budgétaires auraient entrainé la fermeture d’un tiers des accueils du MFPF en 2009[52], et la disparition de très nombreux autres en 2010[53]. L'association interpelle la ministre de la santé Roseline Bachelot[52] et lance une pétition le 27 janvier 2009[54]. En un mois, 140 000 personnes la signent. Le gouvernement Fillon recule mi-mars 2009 et annonce le maintien des crédits[55].

Célébration des 50 ans du Mouvement français pour le Planning familial

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Un colloque scientifique intitulé "Le Planning familial : histoire et mémoire (1956-2006)"[50] a été organisé le 8 mars 2006 à la Bibliothèque nationale de France[56].

Le MFPF a par ailleurs fêté son 50e anniversaire le à la Mutualité à Paris. La journée a été consacrée à une succession de tables rondes et a été ouverte par les prises de paroles de Xavier Bertrand ministre de la santé, Catherine Vautrin, Ministre déléguée aux droits des femmes et à la parité, Jean-Paul Huchon président du conseil régional d'Île-de-France[23].

Les années 2010

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Fonctionnement

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Au cours de cette décennie se déroulent trois congrès du Planning familial : les 19-21 octobre 2012 à Marseille[57], les 2-3 avril 2016 à Grenoble au moment des 60 ans de l'association[58] et les 25-27 octobre 2019 à Niort[59]. Une université populaire a quant à elle lieu à Rennes du 8 au 10 juin 2018[60].

Une co-présidence de la confédération se met en place en 2013 : Carine Favier et Véronique Séhier sont coprésidentes de 2013 à 2016, puis Véronique Séhier et Caroline Rebhi le sont de 2016 à 2020[59].

En 2019 la confédération regroupe 76 associations départementales[15.6].

Revendications et activités

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En 2012, le Planning familial du Rhône dénonce le soutien du cardinal Barbarin à des manifestations anti-IVG se déroulant à Lyon[61].

Dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 qui oppose Marine Le Pen et Emmanuel Macron, le Planning familial appelle implicitement dans une tribune avec soixante autres associations à faire barrage à la candidate FN[62].

Accusations de relativisme religieux et de remise en cause de son attachement à la laïcité
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Le 7 mars 2019 une tribune des co-présidentes du Planning familial parait, après plusieurs mois de polémiques, sur le fait que l'association souhaiterait renoncer à la laïcité[63]. Véronique Séhier et Caroline Rebhi s'inscrivent en faux et rappellent l'attachement du Planning familial à la laïcité et à l'accueil inconditionnel de toutes et tous. Ces propos interviennent après la sortie en d'une enquête du magazine Marianne dans laquelle le Planning familial des Bouches-du-Rhône est accusé de s'être rapproché « des valeurs de l'intégrisme musulman » après avoir mis en avant des visuels faisant passer un message qui « prône le port du voile islamique comme une simple "modestie" (reprenant ainsi le vocabulaire islamiste) » et d'avoir refusé sur son compte Facebook « de condamner explicitement l'excision » en réaction aux commentaires sur cette campagne[64],[65]. Le Planning familial des Bouches-du-Rhône réagit en évoquant « des propos manipulés et diffamatoires »[66] et en rappelant sa volonté d'agir « pour l'émancipation de toutes les femmes » tout en reconnaissant « l’hétérogénéité du groupe [les femmes] »[67]. Le Planning familial national communique pour « s'insurge[r] face aux messages diffamatoires et propos haineux diffusés une nouvelle fois via les réseaux sociaux à son encontre », rappelant que « le Planning Familial n'a jamais fait l'apologie de l'excision »[68].

Toujours au cours de 2019, Marianne et Charlie Hebdo s'inquiètent dans leurs pages du poids grandissant des féministes intersectionnelles au sein du Planning familial. Sur la base d'un document interne à l'association et préparatoire au prochain congrès[69] les deux journaux s'émeuvent également d'un glissement vers un relativisme religieux matérialisé par le projet de retrait de la notion de laïcité de la charte de l'association lors du congrès de l'association se déroulant fin octobre 2019. Il est aussi fait état de l'association de plusieurs associations départementales avec Lallab, qui se réclame du féminisme musulman[70] et se définit comme « pro-choix »[71] concernant le port du voile, ainsi que du soutien de l'antenne de l'Isère au militantisme pro-burquini. La sociologue Alice Romério, qui a réalisé sa thèse sur le travail au Planning familial[72], modère cette analyse et réfute l'existence d'un "lobby intersectionnel" au sein de l'association[73]. La polémique amène la secrétaire d’État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa à s’inquiéter ouvertement de cet abandon des valeurs laïques. Tout en demandant des « éclaircissements sur le sujet », elle avertit la présidente de l'association des conséquences d'un tel vote sur la subvention annuelle de 272 000 euros versée par le gouvernement[74]. La chercheuse Alice Romério analyse cette démarche comme une injonction à la laïcité qui entre de plus en plus en jeu dans les financements des associations et qui amènent les membres du Planning familial à s'interroger non pas sur la valeur de la laïcité, mais sur son usage[73]. La co-présidente du Planning familial Véronique Séhier place quant à elle la polémique dans "une bagarre idéologique sur la laïcité" qui se déroule alors en France et au nom de laquelle l'association, qui n'a d'après elle jamais indiqué renoncer au principe de laïcité[69], est instrumentalisée[73].

L'orientation intersectionnelle proposée lors du congrès de fin octobre 2019 appelle ainsi les militantes, bénévoles et salariées du Planning a « être conscientes des crimes et des effets du colonialisme, de leurs privilèges et du pouvoir qui en découle » et à « travailler sur la blanchité de notre mouvement : qu’avons-nous à dire sur le fait que la majorité de nos associations sont majoritairement blanches ? ». Les valeurs féministes sont par ailleurs accusées de permettre souvent de servir d'appui à l'argumentaire raciste, ce que Marianne analyse comme une manœuvre pour empêcher la critique du voile, tandis que Charlie Hebdo fustige une rhétorique intersectionnelle concentrée sur la blanchité, les groupes en non-mixité et la pensée décoloniale qui aboutit à qualifier les « féministes blanches » d'inutiles et de dangereuses[N 1][74],[75],[65],[76]. Cette motion n'est pas adoptée lors du Congrès, faisant dire au journal Charlie Hebdo que le Planning familial « renoue avec ses fondamentaux », tout en relayant les inquiétudes de militantes pour qui certaines auraient voté pour la laïcité devant les menaces de pertes de subvention, et non par conviction. L'orientation finalement votée est celle intermédiaire d'un « féminisme universaliste s’articulant dans le cadre d’analyse de l’intersectionnalité »[77].

Les années 2020

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De 2020 à 2022 Caroline Rebhi et Sarah Durocher sont co-présidentes du MFPF[78].

Lors de son congrès de 2022 le Planning familial se positionne comme relevant de l'intersectionnalité[79].

Cible de mouvements anti-choix et de mouvements d'extrême droite

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Le Planning familial est régulièrement victime de dégradations d'extrême droite, notamment pour sa défense de l'avortement et des personnes transgenres.

En , le Planning familial se retrouve au cœur d'une polémique en raison d'une affiche montrant un homme transgenre enceint. Cette affiche est publiée dans le cadre d'une campagne pour promouvoir l'accès aux soins pour tous et toutes, et en particulier pour les personnes trans. Elle suscite de vives réactions parmi des voix de droite ou d’extrême droite, et plusieurs personnalités politiques de partis d'extrême droite tels que le Rassemblement national ou Reconquête appellent à mettre fin aux subventions de l'association[80]. À ces critiques s'ajoutent celles de Marguerite Stern ou Dora Moutot, qui publient une tribune adressée à la Première ministre dans Marianne l’interpellant sur « l'idéologie transactiviste » qui influencerait le Planning familial[81] ou de l’historienne féministe Marie-Jo Bonnet qui évoque la destruction des combats féministes par une « idéologie transhumaniste »[80].

La campagne pour la constitutionnalisation de l'IVG, de 2022 à 2024, donne lieu à une recrudescence des attaques : le Planning familial du Nord (Lille) est tagué deux fois en quelques semaines, celui du Bas-Rhin (Strasbourg) est victime de dégradations anti-avortement à deux reprises également, tandis que le Planning familial de Gironde est attaqué trois fois en l'espace de trois semaines par un groupuscule d'extrême-droite dénommé « Action directe identitaire »[82],[83]. Ce dernier cas donne lieu à une manifestation de soutien au Planning familial à Bordeaux en présence de Pierre Hurmic, maire de la ville, et plusieurs élus Renaissance, LFI et écologistes[84]. Pierre Hurmic y annonce avoir écrit une lettre à l'État pour réunir d'urgence le comité opérationnel de lutte contre le racisme et l'antisémitisme (CORA), tandis que le député écologiste Nicolas Thierry déclare avoir écrit au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin pour demander des mesures contre l'extrême droite[85],[86]. Le lendemain du rassemblement, la ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Isabelle Lonvis-Rome, vient apporter son soutien aux employés du Planning familial de Gironde[87].

En 2026, le Planning familial du Bas-Rhin (Strasbourg) est à nouveau victime de tags anti-avortement[88].

Violences sexuelles au sein du Planning familial

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En 2021, une ancienne militante du Planning familial de l'Isère dénonce son agression sexuelle par le cofondateur de l'association Henri Fabre, soixante ans auparavant. En 2024, la confédération lance un appel à témoignages pour savoir si d'autres femmes auraient été victimes de lui dans les années 1961 à 1975[89]. Cinq autres femmes signalent des faits de viols et de violences sexuelles de la part de soignants. Le Planning familial indique travailler pour mettre en place un « protocole », dont les grandes lignes sont explicitées lors d’un conseil d’administration en [90].

Les archives du MFPF pour la période 1966-2017 sont conservées au Centre des archives du féminisme à Angers[91] et classées sous la cote 60AF[92].

Notes et références

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  1. Charlie Hebdo relaie ici les propos dans Glorieuses de Rebecca Amsallem, qui affirme : « En tant que femme blanche – ou passant pour blanche, je dois parler du féminisme blanc. Un féminisme centré sur les revendications des femmes blanches et qui les présente comme universelles. Je me dois d’en parler parce qu’il s’agit d’un féminisme inutile ».
  1. En 1954, Ginette et Claude Bac, âgés de 25 ans, sont condamnés à sept ans de réclusion pour avoir laissé mourir faute de soin le quatrième de leurs cinq enfants. Ginette, physiquement handicapée d'un bras, souffre de dépressions périnatales au cours de ses grossesses successives, souvent non désirées, faute de moyens contraceptifs autorisés. Elle sombre dans une sorte d'apathie et ne prend plus soin de ses enfants, ce qui échappe à la vigilance de son mari ouvrier, et de la Protection maternelle et infantile. Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé s'appuie sur cette affaire pour promouvoir la contraception lors d'une communication en mars 1955 à l'Académie des sciences morales et politiques. Témoin de moralité dans le procès en appel, au mois de juillet 1955, elle permet aux époux Bac de voir leur condamnation réduite à deux ans de prison ferme. Cf Danièle Voldman, Annette Wieviorka, Tristes grossesses. L'affaire des époux Bac (1953-1956), Éditions du Seuil, , 191 p. (lire en ligne).

Références

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  91. « Archives du Mouvement français pour le planning familial (MFPF) », Archives du féminisme, bulletin no 27, 2019, p. 22-23.
  92. « Inventaire des archives du Mouvement français pour le Planning familial » (consulté le )

Bibliographie

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  • Mouvement français pour le Planning familial, D'une révolte à une lutte. 25 ans d'histoire du Planning familial, Editions Tierce, Paris, 1982, 506 p.
  • Mouvement français pour le Planning familial et Isabelle Friedmann, Libertés, sexualités, féminisme. 50 ans de combat du Planning pour les droits des femmes, La Découverte, Paris, 2006, 278 p.
  • Sandrine Garcia, Mères sous influence de la cause des femmes à la cause des enfants, Éd. la Découverte, (ISBN 978-2-7071-5887-1 et 2-7071-5887-9, OCLC 708400524, présentation en ligne, lire en ligne)
  • Bibia Pavard, Si je veux, quand je veux. Contraception et avortement dans la société française (1956-1979), Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2012.

Articles connexes

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Associations membres de la confédération du Planning familial

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