Mosquée Hassan Bey
| Mosquée Hassan Bey | |
Mosquée Hassan Bey en 2018. | |
| Présentation | |
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| Culte |
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| Type |
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| Début de la construction | 1703 |
| Fin des travaux | 1730 |
| Style dominant | style mauresque |
| Nombre de dômes | 1 |
| Protection | Classé monument historique en 1903 |
| Géographie | |
| Pays | Algérie |
| Région | Constantinois |
| Coordonnées | 36° 22′ 03″ nord, 6° 36′ 44″ est |
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La mosquée Hassan Bey (en arabe : مسجد حسن باي), anciennement mosquée Souk el Ghzel (en arabe : جامع سوق الغزل), est une mosquée historique située à Constantine, en Algérie.
Construite en 1730 sous le règne de Hassan Bey, elle est affectée au culte catholique durant la période coloniale, initialement en tant qu'église paroissiale en 1839, avant de devenir la cathédrale Notre-Dame-des-Sept-Douleurs de Constantine en 1876, l'église-mère du diocèse de Constantine et Hippone. En 1962, elle redevient une mosquée, retrouvant son affectation d'origine.
Elle a été classée monument historique en 1903 pendant l'époque coloniale, classement confirmé en 1967 par l'Algérie indépendante.
Situation
[modifier | modifier le code]L'édifice se situe dans le quartier nord de la vieille ville, la Médina. Ce quartier est appelé le Rocher en référence à son « isolement topographique » sur l'éperon nord-est de Constantine[1]. Pendant l'époque ottomane, le centre de la ville s'est constitué autour des marchés et de la place de la laine. La ville est alors desservie d'ouest en est par quatre artères principales. L'une d'elles, allant d'El-Moukof à Souk-el-Acer traversait le marché de la laine filée, au-dessous de la mosquée portant son nom et qui deviendra la cathédrale de Constantine. En 1837, cette artère prend le nom de rue Caraman, du nom d'un officier supérieur mort pendant le siège de la ville[2],[N 1]. Cette rue très commerçante et animée pendant l'époque coloniale est devenue la rue Didouche Mourad après l'Indépendance[3].
Histoire
[modifier | modifier le code]Avant de devenir cathédrale, l'église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs est née de la transformation d'une mosquée en édifice cultuel catholique. Il ne s'agit donc pas d'une construction ex nihilo mais de la reconversion d'un édifice de culte musulman en église paroissiale : la mosquée Souk el Ghzel, l'une des quatre plus importantes de la ville, implantée près du palais du bey Ahmed , devenu siège du commandement militaire français dès 1837[A 1].
Mosquée Souk el Ghzel (de 1730 à 1839)
[modifier | modifier le code]Cette mosquée, qui porte le nom du marché de la laine filée près duquel elle se trouve, a été érigée à Constantine au XVIIIe siècle pendant la période ottomane et sous le règne de Hassan Bey. Sa construction, commencée en 1703[4], s'est achevée au plus tard en 1730[B 1] et se trouve attribuée à Abbas ben Alloul Djelloul, originaire de l'actuel Maroc[C 1]. Abbas était le bach kateb (équivalent de secrétaire général de gouvernement) du beylik de l'Est auprès de Hassan Bey. La mosquée achevée, il fait graver son nom « au premier tiers du cinquième vers » d'une inscription placée au-dessus de la porte principale de « son œuvre pieuse », en assurant ainsi la mémoire[N 2]. Après sa mort, Hassan Bey fait marteler son nom pour y substituer le sien[5].
La mosquée se trouve donc antérieure de près d'un siècle au palais construit par le bey Ahmed à partir de 1826 et dans lequel elle se trouve encastrée côté nord.
Une maquette de la ville de 1830, dite maquette de « Constantine à l'époque arabe », due à l'artiste peintre Alphonse Elie Juge, permet d'en apprécier le volume dans la ville et d'en voir l'environnement avec, à l'est, la rue commerçante de Souk el Ghzel ; à l'ouest, un talus dit « ed Derb » et quelques maisons ; au sud, une ruelle ou impasse où se trouvait vraisemblablement l'entrée de l'édifice[A 2].
Dans son état primitif, la mosquée comprenait une salle de prière de forme rectangulaire avec le mihrab à l'est, creusé dans l'épaisseur du mur et flanqué de part et d'autre de deux colonnettes en marbre noir et blanc. Le mur intérieur du mihrab et son ornementation ont été conservés par les architectes de l'église et sauvegardés depuis, transmettant ainsi l'image intérieure de la mosquée d'origine[A 3].
Église paroissiale Notre-Dame-des-Sept-Douleurs (de 1839 à 1876)
[modifier | modifier le code]Au moment de la prise de Constantine par les Français, il existait 77 mosquées dans la ville dont une seule est transformée en église pour desservir les fidèles en grande majorité militaires. Constantine est alors une ville de garnison et son premier curé, l'abbé Suchet, est l'ancien aumônier des troupes : le choix[N 3] se serait donc naturellement porté sur la mosquée Souk el Ghzel, vue comme une annexe du palais ottoman où s'était installé le commandement militaire[A 4].
L'abbé Suchet, qui consacre l'édifice à la Vierge Marie sous le vocable Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, y célèbre sa première messe le dimanche [6]. La paroisse de Constantine est alors classée paroisse de 1re classe dans le diocèse d'Alger érigé en 1838[7].
L'église est sous la responsabilité du génie militaire qui veille à son entretien et se contente de l'adapter, intérieurement, au culte catholique[A 4].
Vers 1845, l'église passe sous la dépendance du service des bâtiments civils et de la voierie. Depuis , une ordonnance a créé la « cité européenne » et les colons ne cessent d'affluer. L'architecte Clément Meurs entreprend alors son agrandissement en dotant l'ancienne salle de prière de la mosquée d'une cinquième nef, ce qui rapproche le plan de l'édifice du plan d'une église catholique en permettant, grâce au nombre impair de nefs, le dégagement d'une nef axiale. Cette première transformation permet de corriger l'emplacement de l'entrée et du chœur de l'édifice qui se trouvaient désaxés. Dans un projet élaboré en 1852, l'architecte Jean-Baptiste Auber propose de requalifier l'entrée en lui donnant un caractère plus monumental et de démarquer le chœur de l'ensemble du plan « en le logeant à l'intérieur d'une forme polygonale et en le rehaussant par rapport au niveau de la salle ». Toutefois, les autorités temporisent, le plan d'alignement et de nivellement de la ville de Constantine prévoyant la destruction de l'édifice au profit d'une église nouvelle[A 5].
En 1858 puis en 1859, Meurs, qui est devenu l'architecte en chef de l'église, sauve l'édifice en lui donnant une dimension urbaine : il fait valoir qu'il donnera une ordonnance au projet de régularisation de la place du palais, qui a vocation à devenir la place la plus importante de Constantine. La réorganisation des abords du lieu de culte et la rénovation de ses façades donneront selon lui un style à la place et aux bâtiments publics qui l'entoureront. Dans ce projet, l'église est alors dégagée de ce qui l'entoure, ses façades sont reprises en conséquence, le chœur prend la forme d'un octogone flanqué de part et d'autre d'une sacristie, élevé en hauteur pour lui donner un caractère imposant. L'architecte donne aux façades un style mauresque en s'inspirant des décors intérieurs de l'ancienne mosquée dont il reconnaît la valeur esthétique. La mise en œuvre du projet se fait plusieurs années plus tard, vraisemblablement en 1867, au moment de la refondation du diocèse de Constantine[A 6]. L'église est dotée d'un clocher qui succède au minaret, le chœur est surmonté d'un dôme inspiré de celui de Florence[8],[9]. En 1869, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs reçoit sa première cloche, un bourdon qui est baptisé Augustin, le , par le premier évêque de Constantine, Félix de Las Cases[10].
Cathédrale de Constantine (de 1876 à 1962)
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En 1876, l'église paroissiale est élevée au rang de cathédrale et devient le siège épiscopal du diocèse[A 7]. Elle est consacrée le par Louis Robert, évêque de Constantine et Hippone de 1872 à 1878[11]. Son carillon, composé de quatre cloches, est désormais complet[10].
Quelques mois après la reconnaissance par la France de l'indépendance de l'Algérie, le , la cathédrale est désaffectée et rendue au culte musulman[12]. Elle prend alors le nom de mosquée Hassan Bey[C 1].
Deux ans plus tard, la basilique Saint-Augustin d'Annaba est proclamée pro-cathédrale du diocèse[13].

Mosquée Hassan Bey (depuis 1962)
[modifier | modifier le code]Dans la perspective de la manifestation Constantine, Capitale de la culture arabe 2015, la wilaya de Constantine annonce en la réhabilitation ou la rénovation de plusieurs mosquées de la vieille ville et de ses alentours, au nombre desquelles la mosquée Hassan Bey[14]. Sur les douze mosquées concernées, le chantier de cette mosquée historique a été mené à terme[15] et a été réceptionné en 2017[16]. L'inauguration a eu lieu le [17].
Protection juridique
[modifier | modifier le code]Sous l'époque coloniale, la cathédrale est classée par l'administration française par arrêté du gouverneur général du , classement confirmé par l'Algérie indépendante au titre de l'ordonnance n° 67-281 du relative aux fouilles et à la protection des sites et monuments historiques et naturels[C 2]. L'ancienne cathédrale figure en tant que mosquée sur la liste des sites et monuments classés de la wilaya de Constantine.
Architecture
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L'ancienne cathédrale est qualifiée à la fin du XIXe siècle de « monument hybride »[5] dans la mesure où il s'agit d'une mosquée transformée en église. Elle résulte cependant plus d'une réappropriation et adaptation d'un lieu de culte préexistant que d'une reconstruction. Elle relève d'un style que l'on peut qualifier de « mauresque »[N 4] qui fait cohabiter éléments authentiques de l'art ottoman conservés de l'édifice originel et éléments d'imitation apportés dans les reprises ou ajouts nécessaires au culte catholique. Dans son rapport à l'évêque d'Alger du , Clément Meurs insiste sur le « caractère qu'elle doit conserver ». Il propose donc pour les aménagements extérieurs de l'édifice « un style homogène inspiré de la décoration architecturale de la salle de prière et du mihrab conservé de l'ancienne mosquée »[A 8].
Plan
[modifier | modifier le code]La mosquée d'origine était et est restée « non suspendue », c'est-à-dire d'un seul niveau. Elle présentait un plan rectangulaire et plus précisément barlong. Elle comprenait une salle de prière, une cour côté nord qui a disparu lors de sa transformation en église et un seul minaret converti en clocher. Ce plan régulier est qualifié de plan arabe[C 3].
Ce plan a été corrigé en 1859 pour le rapprocher du plan d'une église « conforme » : de barlong, il est devenu oblong avec l'ajout d'une nef axiale et la création d'un chœur au nord, gagné tant sur l'espace qui était vraisemblablement occupé par la cour de la mosquée primitive que sur l'espace public à l'occasion des opérations d'alignement de la rue postérieure à l'édifice. Ce chœur de forme octogonale est dégagé de l'édifice par trois côtés et flanqué de deux sacristies, elles intégrées à l'édifice[A 9]. Ces aménagements font ainsi évoluer le plan d'origine vers un plan basilical.
Orientation
[modifier | modifier le code]La salle de prière de la mosquée primitive comprenait sept nefs perpendiculaires et quatre nefs parallèles au mur de la qibla situé à l'est de l'édifice. Les fidèles musulmans formaient donc des rangs parallèles à ce mur au milieu duquel se situait le mirhab. Il est probable que les fidèles catholiques le faisaient aussi jusqu'à ce que soit aménagée la nef axiale et construit le chœur, réorientant l'édifice et amenant les fidèles à s'aligner dans la largeur de l'édifice, donc perpendiculairement au mur de la qibla[A 10].
Parties constitutives de l'édifice catholique
[modifier | modifier le code]Nef
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La nef de l'église (au sens de salle oblongue allant de l'entrée au chœur) est constituée d'un vaisseau central flanqué de part et d'autre de deux vaisseaux collatéraux. Elle ne présente pas de transept ayant conservé le plan rectangulaire d'origine.
La nef est naturellement éclairée par des fenêtres situées en partie haute des murs, qui donnent sur l'extérieur. Ces fenêtres, qui sont d'origine, sont cintrées[C 4] et vitrées de verre coloré présentant divers motifs géométriques. Leurs huisseries sont en bois[B 2]. Dans une description qui date de 1880, il est fait état de « lanternes arabes fort anciennes » suspendues entre les colonnes qui séparent la nef du chœur[8].
La salle de prière de la mosquée primitive, de type hypostyle, présentait une configuration compatible avec sa nouvelle destination cultuelle. Elle n'a donc pas subi de transformations structurelles. Les voûtes et coupoles sont supportées par des colonnes à chapiteaux de gypse[B 3]. Les colonnes de granit seraient d'époque romaine et proviendraient de ruines situées sur la route de Constantine à Batna[18]. Les arcs brisés outrepassés qui les relient sont à lambrequins[C 5]. Les murs qui ont gardé en grande partie leur décor originel sont richement décorés en trois registres : en céramique polychrome pour leur partie basse, en stuc à motifs géométriques et floraux pour leur partie haute[A 10], séparées par une frise d'inscriptions en écriture coufique simple à la gloire de Dieu[B 4]. D'après la description de 1880, des médaillons ont été apposés à ce décor, qui « portent les noms des grands évêques dont l'histoire rappelle l'établissement du christianisme en Afrique : saint Augustin, évêque d'Hippone, y figure naturellement en première ligne »[8].

La nef garde le mihrab qui a accueilli un temps l'autel principal de l'église pour les offices. Dans la description de 1880, le mihrab fait office de chapelle latérale avec autel dédié à la Vierge. Une carte postale des intérieurs de la cathédrale de 1910, qui a pour sujet principal le mihrab, donne une image de cet aménagement[A 11]. Précédée d'un gradin recouvert d'un tapis, la niche est occupée par un autel dont la table repose sur un soubassement de type architectural, délicatement ouvragé, qui présente une suite d'arcs retombant au centre sur de fines colonnettes et reposant aux angles sur des colonnettes doublées. L'exposition de la statue est composée de trois gradins droits superposés encadrant un tabernacle parallélépipédique. Le mihrab a conservé sa structure et son décor. La niche en demi-cercle creusée dans le mur est de plan pentagonal. Curviligne, elle présente la forme d'un arc surhaussé et se trouve surmontée d'un cul de four orné d'entrelacs[C 6].
Chœur
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Le chœur, tel qu'il apparaît dans le plan de 1859, abrite le maître autel dressé du côté du mur axial de l'octogone avec, installées de part et d'autre, les stalles destinées aux membres du clergé.
Le mur qui sépare la nef du chœur comporte trois ouvertures à arc surhaussé pour la médiane et à arc brisé outrepassé pour les latérales, qui sont de même type que ceux de l'ancienne salle de prière, c'est-à-dire à lambrequins. Ils reposent sur deux piliers centraux aux arrêtes biseautées.
Porche
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Le porche est aménagé à l'autre bout de l'axe dans la façade sud qui devient ainsi la façade principale de l'édifice. La reconstruction de la façade sud est due à l'architecte Auber qui dote en 1852 l'ancienne mosquée devenue église d'un frontispice destiné à « accus(er) ostensiblement la transformation de celui-ci » en lieu de culte chrétien. Il double le mur qui présentait « trois chétives baies carrées »[A 12] d'un porche à trois arcades en plein cintre, dont les arcs reposent au centre sur deux piles de section carrée. Les deux baies latérales donnent accès à l'édifice tandis que la baie centrale est traitée en niche avec un décor soigné qui s'apparente à celui d'un mihrab (colonnettes d'encadrement en marbre noir, cul-de-four nervuré)[B 5].

Clochers
[modifier | modifier le code]Le premier clocher a succédé au minaret primitif qui présentait des lézardes mais dont il garde la section carrée. Il est surmonté d'une croix et porte une horloge sur l'une de ses faces. Une seconde tour, plus importante, est construite par la suite à l'angle nord-ouest du monument dont la date d'édification n'est pas connue mais qui apparaît sur les photographies de la cathédrale prises en 1893 par Médéric Mieusement[19]. Il est probable que ce second clocher a été construit pour accueillir les quatre cloches de la cathédrale ainsi qu'en témoignent les abat-sons de la tour visibles sur ce cliché. Le bourdon, installé dans le premier clocher, a été fondé en 1869 avant que l'église ne devienne cathédrale. Les trois autres ont été fondées en 1876 pour Félix-Louis (qui sonne en ré) ainsi que Dolorès-Joséphine (qui sonne en mi bémol) et en 1877 pour Emma-Vivantia (qui sonne en sol). Toutes quatre ont été coulées à Lyon dans la fonderie Burdin[10].
Couvrements
[modifier | modifier le code]La nef de la cathédrale a gardé les voûtes d'arête et les coupoles de la salle de prière de la mosquée primitive[C 7]. La création du chœur octogonal a conduit l'architecte Meurs à adopter un couvrement en coupole. La calotte à six pans, sans oculus central, est coiffée de tuiles en écailles de poisson et entourée d'une balustrade. Elle repose sur un tambour hexagonal dont les murs sont percés en partie haute d'un triplet de baies ouvertes en plein-cintre qui éclairent le chœur. Ce dôme a été conservé après l'Indépendance.
Les clochers étaient recouverts d'un toit en croupe très pointu. Ils ont été complètement remaniés en minarets après 1962.
Mobilier liturgique
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Fonts baptismaux et bénitier
[modifier | modifier le code]Sur le plan de 1849, les fonts baptismaux sont placés dans l'angle sud-ouest de l'édifice, au bas de la nef. Dans sa lettre du , l'abbé Suchet indique avoir « découvert dans les décombres d'un ancien palais, deux magnifiques coupes en marbre blanc, dont l'une nous sert de fonts baptismaux et l'autre de bénitier »[6].
Chaire et confessionnal
[modifier | modifier le code]La chaire à prêcher est un minbar provenant d'une autre mosquée[A 4] (dite La Sainte dans l'épisode racontant son acquisition par l'abbé Suchet[6]). Cette chaire en bois est le fruit d'un travail de sculpture et de marquèterie que les témoignages de l'époque qualifient de remarquable. La balustre de la rampe d'escalier et les garde-corps sont assemblés à l'aide de clous à pointe de laiton. L'abat-voix repose sur des colonnettes à chapiteau[B 6].
Dès 1839, l'abbé Suchet fait réaliser localement un confessionnal dans le même style, pour faire pendant à la chaire[6].
Orgue
[modifier | modifier le code]La cathédrale avait son orgue qui se trouvait au-dessus de l'entrée, côté sud de l'édifice. Cet orgue dont les pièces avaient été fabriquées en Alsace par la maison Mockers, fut monté à Constantine en 1872[10].
Architectes de la cathédrale
[modifier | modifier le code]Pendant la période coloniale, deux architectes ont œuvré à la conversion de la mosquée initiale en église paroissiale puis cathédrale.
Le premier, qui a procédé à des adaptations de l'édifice et a établi le projet de porche sur la façade sud, est Jean-Baptiste Auguste Auber, né à Rouen en 1805. Admis à l'École royale des Beaux-Arts, section Architecture en 1822, il est un élève de François Debret jusqu'en 1828. Il est recruté en tant qu'architecte en Algérie en 1844 où il occupe un premier poste d'assistant à l'architecte des bâtiments civils de l'Algérie, Pierre Auguste Guiauchain[20], avant d'être nommé en 1851 à la tête du service des bâtiments civils de Constantine [21].
Le second, qui est considéré comme l'architecte principal de la cathédrale, est Clément Meurs, né à Bavay en 1814. Il est un élève d'Henri Labrouste[22]. Admis 1er à l'épreuve définitive du Concours de Rome le , il obtient une 2e Médaille en projet rendu le . Il occupe le poste d'architecte en chef du département de Constantine de 1850 à 1874[23].
Chapitre de la cathédrale
[modifier | modifier le code]En 1892, le chapitre comprend onze chanoines d'honneur au premier rang desquels l'archevêque d'Alger, quatre chanoines titulaires, dix chanoines honoraires résidants et seize chanoines honoraires non résidants[24].
Figurait au nombre des chanoines d'honneur de la cathédrale Louis-Zéphirin Moreau, évêque du diocèse de Saint-Hyacynthe (Québec) de 1875 à sa mort, qui sera béatifié par Jean-Paul II en 1987.
Destin des cloches de Constantine
[modifier | modifier le code]Lorsque la cathédrale redevient mosquée, son carillon est déposé et rapatrié en France, à leurs frais, par cinq frères entrepreneurs de travaux publics à Constantine, les frères Roland de Montargis. Les quatre cloches sont déposées à la fonderie de cloches Bollée à Orléans. L'année suivante, la fonderie reçoit la visite impromptue de l'abbé Boreau, en visite dans cette ville, qui a alors la charge de l'église prieurale Notre-Dame de Cunault. Le clocher de cette église, en cours de restauration, attend des cloches et le carillon de Constantine trouve alors sa destination. Le plan initial du clocher est modifié pour pouvoir accueillir cet important quatuor qui arrive à Cunault le . Déposées dans un premier temps au sol, les cloches attendent leur élévation au clocher qui a lieu deux ans plus tard, le , en présence du Garde des Sceaux, Jean Foyer, représentant du Gouvernement et de l'évêque Paul Pierre Pinier, évêque de Constantine et Hippone de 1954 à 1970[10].
Destin de l'orgue de Constantine
[modifier | modifier le code]En 1962, l'orgue de la cathédrale est déposé et démonté pour être rapatrié en France par le chanoine Folliet. Son grand buffet, ses sommiers, sa mécanique et une partie de ses tuyaux ont été réemployés pour construire en 1964 l'orgue de la basilique Saint-Joseph-des-Fins à Annecy. Ce travail délicat fut confié au facteur d'orgues Philippe Hartmann de Dôle[25],[10].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Il s'agit de Victor-Marie-Joseph-Louis de Riquet, marquis de Caraman (1786-1837). Voir Famille de Riquet de Caraman
- ↑ Cette pierre de fondation, en marbre blanc, se trouve exposée au palais Ahmed bey qui jouxte la mosquée.
- ↑ dans une lettre du 8 février 1839, l'abbé Suchet l'attribue à l'évêque d'Alger sur proposition du maréchal Valée, gouverneur général d'Algérie de 1837 à 1840.
- ↑ La dénomination n'était pas encore d'usage dans les années 1850 : Clément Meurs insiste sur le style du monument mais sans le qualifier.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Anne-Marie Faidutti-Rudolph, « Les grandes lignes du développement urbain de Constantine », Bulletin de l'Association de Géographes Français, vol. 38, no 298, , p. 38–51 (DOI 10.3406/bagf.1961.5547, lire en ligne, consulté le )
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- ↑ Redjem 2014, p. 99.
- ↑ Redjem 2014, p. 135.
- ↑ Redjem 2014, p. 142 et tableau p.147.
