Aller au contenu

Claire Colinet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Claire Colinet
Photographie de Claire Godchaux-Colinet dans son atelier à Bruxelles (1900)
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Claire Robertine Jeanne ColinetVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
belge (jusqu'à )
française (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Autres informations
Membre de
Mouvement
Maître
Distinctions
signature de Claire Colinet
Signature.

Claire Colinet, née à Saint-Gilles-lez-Bruxelles le et morte à Asnières-sur-Seine le , est une sculptrice belge et française. L'essentiel de son œuvre, réalisée à Paris dans la première partie du XXe siècle, est de style Art déco. Elle est surtout connue pour ses statues de danseuses exotiques en bronze.

Parcours de vie

[modifier | modifier le code]

Claire Robertine Jeanne Colinet est née[1] à Saint-Gilles, le 11 avril 1885 à cinq heures du matin, au domicile de ses parents du n° 46 de la rue de Mérode. Son père était le sculpteur Jean Vincent Colinet, âgé alors de 29 ans, né à Malines et qui mourra[2] à Saint-Gilles en 1890, et sa mère Marie Anne Baur, âgée de 37 ans, née à Juliers, en Allemagne, qui s'étaient mariés[3] à Saint-Gilles en 1884.

Au début du XXe siècle, la presse la présente comme décorée du Chéfakat, ordre honorifique[4] de l'Empire ottoman. Vraisemblablement, par sa mère d'origine allemande, elle était proche des très nombreux Allemands du Bosphore du début du XXe siècle. Elle fit paraître dans le Moniteur des Consulats des poésies de circonstances, dont l'une dédiée au Sultan ottoman[5], et une autre célébrant l'avènement du Shah de Perse Ali Shah[6]. Cette attirance pour l'Orient ne se limita pas à sa production poétique : elle se manifestera plus tard également dans son œuvre sculptée, qui fait une place notable aux danseuses orientales, aux odalisques, et à diverses évocation de l'Orient rêvé de la Belle Époque.

En 1910, à Ixelles, elle épouse[7] Georges Godchaux, ingénieur civil et consul honoraire, dont elle divorcera. Georges Godchaux sera massacré[8] en Corrèze en avril 1944, victime civile d'origine juive.

À partir de 1913, Claire Colinet habite au n° 59 rue du Château à Asnières[9],[10].

En secondes noces, le à Asnières, Claire Colinet épouse l'ingénieur français André Marcel Nigron (Châtelus-Malvaleix 1897 - Asnières-sur-Seine 1964). Elle obtient la nationalité française par son mariage. Leur fille Michèle Nigron (Asnières 1923 - Colombes 2019) sera sculptrice et mannequin de haute couture[11].

Claire Colinet meurt en sa demeure à Asnières en 1972.

Formation et carrière

[modifier | modifier le code]

Claire Colinet étudie d'abord la sculpture en Belgique auprès de Jef Lambeaux, un sculpteur jouissant d'une grande réputation, puis en France auprès de Berthe Girardet et de Suzanne Bizard[12]. Après son premier mariage en 1910, elle s'installe à Paris. En 1913, elle expose quelques œuvres au Salon des Artistes Français [13]. L'année suivante, elle y reçoit une mention honorable aux côtés de Demetre Chiparus et Louis Comfort Tiffany, et elle est ensuite exposée régulièrement[14]. En 1928, elle obtient le prix de sculpture de l'Union des femmes peintres et sculpteurs[15].

En 1929, elle est élue membre permanent et réalise à cette occasion la sculpture Les rêves sont des bulles de savon. De 1937 à 1940, elle expose au Salon des Indépendants à Paris et devient membre de l'Union des femmes peintres et sculpteurs. Ses œuvres ont été exposées à titre posthume au Salon de peinture et de sculpture pendant près de 30 ans.

L'œuvre de Claire Colinet s'inscrit principalement dans le style du mouvement Art déco[16]. Ses modèles sont des odalisques, des danseuses exotiques, des jongleurs et des artistes de cabaret.

Ses sculptures, souvent d'une forte intensité dramatique, saisissent les modèles dans des poses hiératiques, au milieu de l'exécution d'un ensemble de pas de danse particulièrement compliqués, ou bien formant le point culminant d'une anecdote biblique ou historique.

Son matériau de prédilection est le bronze, qui est normalement patiné et n’est pas peint à froid. Elle y ajoute parfois des incrustations de pierres précieuses. Cependant, un certain nombre de ses plus belles pièces sont des sculptures chryséléphantines en bronze et ivoire[16].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Acte de naissance de Saint-Gilles, n° 372, du 14 avril 1885. Les témoins étaient Léopold Jullé, armurier, 34 ans, et Dieudonné Borguet, armurier, 34 ans, tous deux domiciliés à Saint-Gilles.
  2. Saint-Gilles, acte de décès n° 47 du 15 janvier 1890. Acte de décès de Jean Vincent Colinet, sculpteur, âgé de 34 ans, huit mois et 24 jours, né à Malines, et décédé en cette commune de Saint-Gilles en son domicile rue de Ratisbonne n° 17 - actuelle rue de Lisbonne, ainsi renommée en 1918 - le 14 janvier 1890 à une heure du matin, époux de Marie Anne Baur, sans profession, âgée de 41 ans, fils de Jean Louis Colinet et Catherine Antoinette Meeuws (sic), conjoints décédés.
  3. Saint-Gilles, acte de mariage n° 105 du 28 mai 1884. Marie Anne Baur, née à Juliers le 16 janvier 1848 était modiste, résidant à Saint-Gilles, et la fille d'Auguste Baur et Thérèse Darius. Jean Vincent Colinet, né à Malines le 21 avril 1855, résidant à Saint-Gilles, artiste sculpteur, est le fils de Jean Louis Colinet et de Catherine Antoinette Françoise Meeus. Les témoins étaient Léon Bertrand, 34 ans, sans profession à Saint-Gilles, Arthur Moens, 35 ans, sans profession à Saint-Gilles, Louis Martens, 50 ans, négociant à Saint-Gilles et Jean Baptiste Paul, 54 ans, négociant à Saint-Gilles. Jean Colinet habitait alors à la rue Berckmans à Saint-Gilles et Marie Anne Baur à la rue de Mérode : L'Echo du Parlement, 31 mai 1884, page 3. Par ailleurs, d'après son acte de naissance à Malines, n° 320 du 21 avril 1855, le père de Jean Vincent Colinet était Jean Louis Colinet, ouvrier ajusteur, 42 ans, né à Alost et sa mère était Catherine Antoinette Françoise Meeus, 40 ans, née à Malines, et la naissance fut attestée notamment par Jean Baptiste Verstraeten, 24 ans, compagnon orfèvre.
  4. Il s'agit de l'ordre de la Charité (Nichan Chefakat), destiné aux femmes, et créé en 1878 par l'empereur Abdülhamid II.
  5. Le Moniteur des consulats et du commerce international, 31 mai 1906, page 4 : sous le titre Une poésie dédiée à S.M.I. le Sultan, l'hebdomadaire parisien mentionne Nous sommes heureux d'offrir aux lecteurs du "Moniteur des Consulats" la primeur d'une très belle poésie de Mlle C.J.R. Colinet, dédiée à S.M.I. le Sultan qui débute par A S.M.I. le Sultan, superbe souverain de la noble Turquie (...) et la poésie est signée Claire J.-R. Colinet, Bruxelles.
  6. Le Moniteur des consulats et du commerce international, 12 décembre 1907, page 4 : sous le titre En l'honneur du Schah de Perse, l'article mentionne Nous sommes heureux de pouvoir offrir aux lecteurs du "Moniteur des Consulats" la primeur d'une très belle poésie de Mlle Claire J.R. Colinet, la femme-poète belge bien connue, décorée du Chéfakat, en l'honneur du jeune et nouveau souverain de la Perse. A S.M.I. Mohamed Ali Schah, O Roi des Rois, Maitre superbe et magnanime, Du plus noble empire, de la Perse sublime(...).
  7. Ixelles, acte de mariage n° 362 du 4 juillet 1910. Claire Robertine Jeanne Colinet est qualifiée de propriétaire, résidant à Ixelles, avenue de l'Hippodrome 129, et fille de feu Jean Vincent Colinet et de Marie Anne Baur, rentière à Saint-Josse-ten-Noode. Georges Joseph Godchaux, né à Luxembourg, au Grand-Duché de Luxembourg, le 11 octobre 1872, est qualifié d'ingénieur civil et consul honoraire, résidant à Bruxelles. Il est le fils de Louis Godchaux et de Cécile Annette Mayer, dont l'absence est constatée par acte. Les témoins sont Alfred Richard, 42 ans, agent de change à Uccle, et Charles de Perrot, 48 ans, rentier à Bruxelles.
  8. Voyez le lien suivant .
  9. « Claire Jeanne Roberte Colinet », sur AskArt.com (consulté le )
  10. Margot Eben, « Être une femme sculpteur dans la première moitié du XXe siècle : le cas de Claire J. R. Colinet », sur awarewomenartists.com, (consulté le ).
  11. Michèle Roberte Nigron (1923 - 2019), exerça une activité de sculptrice dans le Paris de l'après-guerre. Ancienne mannequin de haute couture, notamment pour la maison Rochas, elle exposa au 59e Salon des Artistes Indépendants en 1948 un buste de l'acteur américain Gary Cooper. Voyez le lien .
  12. Robert Kemp, Femmes Peintres et Sculpteurs, dans le journal L'Aurore littéraire, artistique, sociale, 8 février 1913, page 1 : (...) J'aime les envois de Mme Godchaux-Colinet, bonne élève de Jef Lambeaux, de Mme Girardet, de Mlle Bizard. (...).
  13. « Les médailles su salon », Le Gaulois : littéraire et politique, (ark:/12148/bpt6k536184z)
  14. (en) « Claire Jeanne Roberte Colinet - Biography », sur askart.com (consulté le ).
  15. Pierre Sanchez, préface de Chantal Beauvalot, Dictionnaire de l'Union des femmes peintres et sculpteurs (1882-1965) répertoire des artistes et liste de leurs œuvres, L'Échelle de Jacob, Dijon, 2010 (ISBN 978-2-35968-012-6).
  16. 1 2 Bryan Catley, Art Deco and Other Figures, Woodbridge, England, Antique Collectors' Club Ltd., , 112-123 p. (ISBN 978-1-85149-382-1).

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :